Loneliness

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lundi 28 septembre 2009

Paroles... Reflets...

Photo Muttifree

Veillons à ce que nos gestes, et notre parole
soient le reflet de la beauté de notre véritable nature…


Chère Ambre,

Par ton commentaire au précédent texte, tu me fais rappel d’un de mes écrits, publié en ce blog en mai 2007… Merci à Toi.
Aujourd’hui, le relisant, je perçois, en plus des mots que l’on écrit, des mots de l’écrivain en quelque sorte, une liaison évidente avec tous les mots que nous prononçons au quotidien, toutes les paroles que nous nous apprêtons à offrir, ou à jeter, lors de simples conversations …
L’accompagnement me démontre aussi, jour après jour, la nécessité d’une grande vigilance dans l’échange.
Oui, Vigilance…voici le maître mot à conserver soigneusement en notre cœur-esprit, pour ce qui concerne tout ce que nous pensons devoir dire… à l’instar de nos aïeux qui ne négligeaient jamais de nous conseiller de « tourner sept fois la langue dans la bouche » avant que de parler…

Etais-je suffisamment vigilante, en mai 2007… Amis (ies) je le livre à nouveau à votre écoute… sans oublier de me relire, ne retirant ni ne rajoutant quoi que ce soit, à ce qui fut écrit…


MOTS à MAUX

Il est parfois, des phrases, des mots constructeurs ou assassins, qui jettent la conscience dans un océan de pensées aux abîmes insondables. Un bon nombre finissent par passer leur chemin mais, il en est quelques uns qui, comme aimantés, viennent se poser au coin de notre œil et dessiner quelque inutile intellection …
Le drame qui se joue alors prend des couleurs multiples, selon que le mot, ou la phrase s’installe, près du cœur, près du ventre, ou près de la tête.
A dire vrai, le mot ne s’installe pas longtemps, c’est plutôt son arôme, en degré de violence ou de douceur, qui va se frayer un passage. Les mots jetés sur la vague d’une phrase vont, en un flot d’interprétations possibles, projeter une sensation, une impression, une idée associative … c’est par ricochets qu’ils nous atteignent.
Le plus fréquemment, le mot projeté nous attaque à la tête … nous pourrions le laisser s’évanouir plutôt que de vouloir s’en nourrir. Mais sommes-nous tant assoiffés de souffrance et de plaisir … ? Sans doute !
Alors nous laissons la phrase ou le mot se mouvoir comme un reptile qui, à chaque reptation s’approche du cœur dans les replis duquel il va se lover déversant le poison ou le baume (c’est affaire de « personne ») qui s’épandra dans les veines emplissant le ventre d’amour ou de haine.
L’atteinte au cerveau est imparable … circulation oblige !
Mot à mot en conséquence, toute phrase se fait assassin ou guérisseur.
Qui sait juger des effets de ses dires ?
Qui connaît la génération, en degré de sensation ou d’impression, d’une phrase ou d’un mot ?
Que sont les mots de haine, que sont les mots d’amour ? De soi-disant, la haine. De soi-disant l’amour ?
Qui sait par avance, ce qu’il va dire ?
Mâchons-nous suffisamment nos mots, pour Le Dire ?
Qui sait deviner, si les mots qu’il jette à la face, de son soi-disant ami, de son compagnon de route, d’un interlocuteur de rencontre, dissimulent un diamant … ou un poignard ?
Qui peut deviner s’il ne projette en lui-même, pour lui-même, face à lui-même, des mots assassins ou guérisseurs ?
Attention ! Mot à mot se génèrent tous nos maux … maux de cœur, maux de ventre, maux de tête … il y a si longtemps, pourtant, nous avons appris que le silence est d’or !
Il y a décidément trop de bruit sur cette terre ! On ne s’entends plus soi-même se dire que le Silence est d’Or pendant que l’on parle, que l’on parle et parle encore jusqu’à se gorger d’une communication mécanique qui installe à l’infini ses antennes sans se saisir de ce que si les paroles s’envolent, elles s’inscrivent dans l’éther de notre sang, ni que, les écrits restent et seront lus à l’infini des mortelles passions pour le mot qui tue plutôt que pour le mot qui guérit et fait naître en le cœur, le Silence.
Combien de temps nous faudra-t-il encore parler, pour ne rien dire qui soit essentiel !
Mais attention, qui es-tu toi le diseur, toi le parleur, toi l’écrivain qui enfile les mots comme les perles sans pouvoir pressentir le poids de tes colliers de maux à venir ?
Qui sommes-nous pour ne jamais savoir ce qu’un mot peut véritablement signifier, pour ne jamais savoir se taire, pour toujours vouloir dire ou faire dire, pour ne jamais pouvoir taire !
Qui, es-tu ?
Qui, sommes-nous, le savons-nous ?


Muttifree

14 commentaires:

Nathamsa a dit…

Bonjour Mutti,
Oui, là est toute la complexité du langage...et j'ajouterai, qu'il soit en mots ou sans mots... Comme tu le sais, chacun(e) a en lui(elle)-même sa propre grille d'interprétation des événements de la vie, son filtre... Et nous n'avons pas le pouvoir de changer le filtre de l'autre, seulement d'être clair et limpide sur nos intentions à travers nos expressions.
La communication est un art et une pratique complexe.
Pour ma part, je pense que le silence peut être tout aussi dévastateur que des mots !
Bien à toi,

Lung Ta Zen a dit…

Nathamsa donne un complément très intéressant aussi
Sinon une phrase que je viens de chercher pour un autre blog, mais qui est toujours dans ma mémoire copier /coller, alors je l'offre ici aussi :

« Ma règle à moi est d'utiliser seulement les mots qui peuvent améliorer le silence » Eduardo Galeano

(ce n'est hélas pas ma pratique, mais cela me guiderait si je n'étais pas "si grande gueule" ;-)) mais la nature s'est bien chargée de faire taire cette "grande gueuel" hahaha :-) )

je t'embrasse

frédéric

MUTTI a dit…

Bonjour Nathamsa,
Oui, j’entends bien ton propos et considère tout à fait, l’importance chez chacun de « sa » grille d’interprétation. Une bienveillante considération de cette grille chez l’un, l’une ou l’autre, permet justement d’appréhender, de comprendre son mode d’interprétation, de discerner ainsi, de voir, la source de tel ou tel conditionnement aux opinions que ces dernières soient familiales, religieuses, philosophiques ou encore plus globalement, ethniques… puisque n’est-ce pas dans ce conditionnement à l’opinion, générale ou spécifique que se situent les filtres d’interprétation ?
Sans pouvoir, ni vouloir chercher à changer quoi que ce soit du filtre en question, la vision claire de ce qui anime la parole permet d’aborder un échange, un dialogue, harmonieux et fructueux pour l’un et l’autre… dès lors qu’il existe, de part et d’autre, une volonté d’ouverture.

Bien évidemment je ne méconnais pas que, trop souvent, la grille d’interprétation personnelle se pose en travers de l’échange possible et dessine une barrière infranchissable… devant laquelle, seul le silence permettra d’éviter… le duel des mots, la guerre des opinions…

D’évidence, il existe des silences qui ne sont pas Le Silence qui toujours est, en réalité, une écoute profonde… Ces silences dévastateurs que tu évoques, ne participeraient-ils pas de cette fameuse grille d’interprétation qui laisse surgir de la pensée l’idée qu’entre tel un, tel autre, n’existe plus de possibilité de dialogue… une telle idée relève fréquemment du désir impérieux de soutenir, voire d’imposer, coûte que coûte, sa propre opinion… d’où fermeture de l’écoute, construction de la barrière, cet instant cruel où chacun s’exile en pensant : « décidément, nous n’avons plus rien à nous dire ! »…
Ce qui, tu en conviendras, chère Nathamsa, ne peut être VRAI, REEL et AUTHENTIQUE puisque existera toujours au plus profond de l’être, l’aptitude à l’écoute, le désir d’ouverture, le désir de communiquer et la joie d’échanger…

Bien à toi,

MUTTI a dit…

Merci cher Lung Ta,

… « Utiliser seulement les mots qui peuvent améliorer le silence »… intéressant, et à méditer sans doute, en tous les cas en ce qui me concerne… hihihi !

Sans être particulièrement « grande gueule », ça je te le laisse Frédéric - encore que je doute un peu de la réalité de ton autocritique – j’avouerais quant à moi, que je m’essaie à utiliser les mots plutôt pour ce qu’ils me révèlent à moi-même en jaillissant… et par ricochets, pour en percevoir les résonances extérieures… résonances qui m’apporteront d’autres éclairages, d’autres pistes de réflexion…
Ainsi, je perçois que « mon » usage des mots ciblerait plutôt l’échange que le silence… sans « mécaniser » ou systématiser le mystère du langage… il m’apparaît que ce mystère fait de chacun de nous, tour à tour, un émetteur-récepteur et qu’ainsi, le langage se détermine en principal par l’échange et par le partage...
Echange et partage qui évidemment appellent et même exigent un « savoir lire » et un « savoir écouter » un peu plus que basique, afin que cet échange et ce partage ne se permutent ou ne se transforment en ces sortes d’âpres discussions teintées de réactions épidermiques de certitudes opiniâtres et émotionnelles.
Selon mon point de vue, l’échange et le partage que permettent le mystère de la pensée et son corolaire, le langage, les mots ne devraient servir ni le débat, ni le combat… mais là, je me découvre peut-être « grande gueule » Ha ha ha aha a a a !!!

Je t’embrasse…très fort !

Lung Ta Zen a dit…

tu as définitivement supprimé ton blog "un jour une image" :(

bises

frédéric :)

ambre a dit…

Chère Mutti,

En fait tu parles de plusieurs choses différentes dans ton texte, je ne retiendrai pour ma part que ce qui résonne (raisonne) en moi
"Le plus fréquemment, le mot projeté nous attaque à la tête … nous pourrions le laisser s’évanouir plutôt que de vouloir s’en nourrir. Mais sommes-nous tant assoiffés de souffrance et de plaisir … ? Sans doute !"
Pour moi vois tu, les mots ont toujours été des clés, des clés qui m’ont permis de m’exprimer, d’ouvrir des portes, dont celle, peut être, enfin, de la liberté (à mon âge il est temps!)
"Sommes nous tant assoiffés de souffrance ", écris tu .. Et si plutôt que de nous flageller, nous écoutions cette part de nous qui ressasse inlassablement les mêmes maux ? (mince j’ai fait un lapsus scriptural ! Arg. Je le laisse ..)
Que nous disent ces mots ? Que cherchent-t-ils ? Comment allons nous pouvoir leur permettre d‘exister, d‘avoir de la place ? Oui Mutti, parce que ce que nous disons à l‘autre, "qui nous attaque à la tête" pour reprendre ton expression (qui n’est pas anodine c’est le moins qu’on puisse dire !!!!), c’est "par ricochets qu’ils nous atteignent " , comme tu le soulignes également, tant il est vrai que ce que nous disons est le reflet de ce que nous demandons (ce que nous demandons, n’est-ce pas aussi ce que nous sommes ? ;-))
Quand aux mots de "haine" dont tu parles, ne disent ils pas tout simpleme,nt à quel point nous avons besoin d’amour ?
je t'embrasse Mutti

ariaga a dit…

Aucune de nos paroles, aucune de nos pensées ne se perdent. Elles font partie de la Totalité. Ta photo est très belle. Bises à toi Amie.

MUTTI a dit…

Oui, Frédéric, j'ai supprimé mon blog "images"... afin de prendre du temps pour d'autres actions. Je crée et créerais encore, toutefois dans l'instant, 3 blogs c'était un peu trop... j'en ouvrirais un tout neuf dès que cela me sera possible..
Bien à toi,
Bises

MUTTI a dit…

Ambre, chère Ambre, tu galvanises merveilleusement mes jaillissements d'écriture, ainsi, te voilà à nouveau à l'origine de ma nouvelle note... d'où l'absence d'un commentaire plus élaboré...
Je te remercie et t'embrasse

MUTTI a dit…

Oh oui, chère Ariaga, la pensée et les paroles qui en manifestent l'action, ne se perdent jamais... la pensée est compagne de la conscience au service de l'évolution humaine... il est du ressort et du possible de chacun de s'en servir pour le bien de tous.
Bien à toi, Amie
Je t'embrasse

A.M. Bruffin a dit…

Oups Il me semble que j'avais laissé un comm Je ne le vois plus ...
Je t'embrasse

MUTTI a dit…

Pourtant je n'ai absolument rien supprimé... je ne le fais jamais d'aileurs... es-tu certaine que c'était sur ce texte ?
Je t'embrasse

danae a dit…

Ta photo est très belle, si belle qu'on croirait que c'est l'une de tes créations numériques !
Bisou chère Mutti

MUTTI a dit…

Merci Danaé, la nature créée toujours bien plus beau que nous ne ferons jamais, même à l'aide de logiciels numériques... J'ai pris cette photo dans un petit (mais superbe) parc "zen" qui se trouve à Rueil Malmaison, il se nomme "Le Parc de l'Amitié" et j'aime aller y méditer, (et aussi y saisir le mouvement de la lumière et des saisons) c'est un vrai bonheur que cet espace de paix, bien caché...en ville !
Je t'embrasse