Loneliness

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mardi 28 juillet 2009

" Je suis l'humanité"


Extraits d’entretiens entre Krishnamurti et Lakshmi Prasad
(de janvier 1981 à décembre 1985)
in « Ultimes Paroles »


« Je suis l’humanité »

- Prasad :
Pourriez-vous éclairer cette affirmation singulière : « Je suis l’humanité, et non la collectivité » ?

- Krishnamurti :
Nous sommes tous des êtres humains, et nous devons être considérés en tant que tels. Chacun d’entre nous, pourtant, est généralement traité comme un simple élément d’une masse, et perçu sous le seul signe de la collectivité.
Partout et toujours, nos semblables sont sacrifiés sur l’autel des idéologies.
En fait toute véritable solution doit être formulée au niveau de la personne.
Traiter les humains comme un troupeau, une entité collective, et les utiliser à des fins politiques ou économiques, conduit inévitablement aux pires horreurs.
Voyez notre école à Rishi Valley. Chacune de nos classes compte environs vingt élèves. Ce qui est fort peu au regard des autres écoles. Néanmoins j’ai suggéré que ce nombre soit réduit à douze par classe. Et je crois que les professeurs sont en plein accord avec moi.
Mon intention est que chaque enfant soit suivi avec l’attention la plus extrême. Alors il pourra véritablement s’épanouir.
Si vous considérez l’homme sur le seul plan de la collectivité, vous perdez automatiquement toute compassion ; vous ne pouvez être bon. Pis, vous devenez même indifférent, voire cruel.

Au contraire, si je sais que ma conscience est la conscience de tous les êtres humains, je suis à même de traiter l’individu en tant que personne, et non plus comme un élément anonyme perdu dans la masse.

Comprenez-vous à présent pourquoi j’affirme être l’humanité ?


* * * * * * *

Du conflit entre le bien et le mal

- Prasad :
A considérer le monde tel qu’il est, les mécréants semblent prospérer alors que les justes continuent de souffrir. Comment interpréter cela ?

- Krishnamurti :
Qu’est-ce qu’un mécréant ?
Et qu’appelez-vous le « mal » ?
En outre, combien sont-ils à pratiquer vraiment le bien.
Si le « bien » est l’opposé du mal, alors ce n’est pas le bien véritable, mais un prétendu bien né directement du mal.

La bonté authentique, elle, transcende la séparation entre le bien et le mal.

Un homme profondément bon est un être entier, que rien ne saurait diviser.
Celui-là ne dit pas une chose pour faire son contraire. Ce qu’il pense, il le dit ; et ce qu’il dit, il le fait.
Le bien qui règne d’ordinaire en ce monde naît simplement en réaction au mal.
Cette forme de bien jaillit d’une pensée dominée par la peur, et tout particulièrement la peur de la société.
Celui qui la pratique cherche en fait la reconnaissance du monde, et manifeste du reste sa déception lorsqu’il est incapable de l’obtenir.
Ses actes, empoisonnés par de perpétuels conflits, sont dénués de toute valeur.
En vérité toute forme de bien engendrée par la pensée porte déjà en elle les graines du mal.

En revanche, rien ne s’oppose à la bonté véritable.
Si le juste veut agir, il le fait sans penser aux conséquences.
Oui, il agit, délivré de ses propres pensées comme du jugement des autres...

lundi 20 juillet 2009

En passant...


De promenade en promenade…

Pieds légers ignorants les distances, mental ami voltigeant au rythme du drapeau blanc qu’il arbore depuis tant d’années pour se reconnaître en tout, envers et contre tout, toujours tout contre plutôt qu’adverse, mes promenades empruntent tous les chemins de cette Re-Connaissance.

Traversant les parcs et les jardins aussi bien que les chemins de traverse en lesquels se faufilent tous les tics dévastateurs d’ancestrales dévotions dévorantes, souvent hurlantes, oublieuses des clartés de l’attention seconde…
Regard posé sereinement en cœur à cœur avec tout ce qui vibre, je marche, je vis, j’existe, je coexiste… dans l’irréel aussi bien que dans le dit réel, indifférente aux dites différences.
Cœur ivre d’amour, étrange amant aimant de ce Toi et Moi, de ce Toi ou Moi que le miroir révèle Soi.

De promenade en promenade qu’ensoleillent même les orages, que nourrissent même les reculs, qu’illuminent même la peur d’aimer sans condition, je navigue sur les flots de l’onde mouvante de l’éternel pensée qui construit les mondes, abritée par une flamme inextinguible… un Mat, simple bâton de pèlerin du temps, érigeant incessamment un Drapeau Blanc…

mercredi 8 juillet 2009

mercredi 1 juillet 2009

Pour Nathamsa et tous les amis...

Y a-t-il réellement un silence étranger au Silence ?


J’ose te dire, OUI, Nathamsa…

Le silence étranger au Silence est celui qui, quand bien même nous serions contemplatif et méditatif au cœur de la nature nous laisse entendre et voir l'alentour, paisiblement soit, mais attentif à toutes les impressions et sensations de bonheur, de joie, de plaisir... C'est bon et magnifique mais nous pouvons nous rendre compte consciemment qu’en ces instants extraordinaires, l'on pense et l'on interprète la sensation... c'est une sorte de discours... ce n'est pas le Silence.
Il suffit de prendre conscience que devant un paysage grandiose, éclatant de beauté naturelle et de cet aspect d’un silence qui n’est que chant d’oiseaux et bruissement d’arbres, l’on PENSE « quelle paix », en prononçant « que c’est beau »… C’est un état ravissant empreint d’une joie justifiée que nous pouvons souhaiter à l’humanité toute entière…

Mais ce n’est pas Le Silence…
Le Silence n'est pas uniquement l'absence relative de sons.
Il est la cessation de toutes les pensées discursives, de toutes les interrogations et remous psychologiques et même de toutes "visions".

Si l’état ravissant dont je parle plus haut induit une quiétude parfaite, lucide et totalement libre d’une quelconque élaboration conceptuelle… comme « que c’est beau »… nous avons atteint au Silence… que nous soyons méditant confirmé… ou non…

S’ouvre alors en notre existence, la confiance en ce qui est, la disparition des doutes et des questionnements… de retour à l’esprit « ordinaire » comme tout un chacun, l’existence se déroule librement, sans rien abandonner, sans rien saisir, sans rien rejeter, sans rien acquérir… juste être et suivre le cours naturel de ce qui est là, ici et maintenant.

Bien à vous tous