Loneliness

Loneliness

dimanche 30 décembre 2007

MIROIR de SAMANTHABADRA

« Ô Noble Fils, Ecoute !
Aucun phénomène n'a plus d'existence que le reflet de la lune dans l'eau.
Tout ce qui apparaît, phénomènes internes, phénomènes externes,
Apparaît comme projection de l'esprit non-né.
Aussi n'existe ni Samsara ni Nirvana,
Ni naissance, ni mort,
Ni apparition, ni disparition.
Sur les eaux de l'esprit, seule se déroule la course des phénomènes,
Comme, chaque nuit, roule le firmament dans les eaux du lac.
L'esprit, semblable au miroir, reflète le monde,
Il est le lac face au firmament.
Sachant cela, le pratiquant avisé sait qu'il n'existe ni chemin vers la libération,
Ni lieu de réalisation.
Voyant cela, Ô Fils de Noble Famille,
Le pratiquant accompli repose en l'esprit même.
Comme nul ne peut saisir le reflet de la lune qui traverse le lac,
Aucun phénomène n'est saisissable.
Sachant cela, le pratiquant avisé
Contemple les phénomènes sans attachement,
Sans aversion ni ignorance.
Le méditant lui-même n'est pour lui-même qu'un reflet sur les eaux de l'esprit,
Sachant cela, le pratiquant avisé réalise qu'il est sans corps,
Ainsi actualise-t-il le dharmakaya.
Considérant son propre reflet, le pratiquant avisé réalise la nature de son corps d'émanation,
Ainsi actualise-t-il le sambhogakaya.
Voyant enfin que lui-même se reflète dans les eaux de tout lac,
Le pratiquant avisé comprend la nature du corps d'apparition,
Ainsi travaille-t-il à actualiser le nirmanakaya.
Quand il est réalisé que l'esprit du pratiquant n'est qu'un reflet dans les eaux de l'esprit non-né,
Le pratiquant avisé pratique le sans-esprit.
Alors s'effondre pour lui la dernière supercherie,
Et contemplant toute chose intérieure ou extérieure
Comme reflet dans les eaux de l'esprit non-né,
Le pratiquant réalise l'omniprésence de la Source, maître ultime.
Car lorsqu'est clairement perçu que tout n'a d'existence que comme reflet,
Le miroir de l'esprit apparaît et peut être connu.
Au cœur du miroir,
L'esprit non-né qui projette toute chose,
Et en qui tout se reflète,
Est le cœur même de Bouddha.
Restant en contemplation devant la nature même de l'esprit non-né,
Le pratiquant commence, sans méditer, sans intervenir ni corriger,
A contempler l'apparition et la transformation du monde.
Quand il est clairement réalisé que tout a le statut du reflet,
La source se dévoile.
Si l'on demeure dans la source sans en altérer l'activité,
Le cœur du Bouddha lui-même peut être connu.
Quand on connaît le cœur du Bouddha, sans s'identifier au Bouddha,
Tout s'achève, les eaux remontent du fleuve,
Et le lac s'ouvre comme un œil Unique.
Alors apparaît clairement que seul existe l'esprit non-né,
Duquel personne ne fut jamais séparé. »

Extrait du "Miroir de Samanthabadra" - par Tertön Selwa Rang Djoung
Prajnâpâramiâ Hridaya - Le Cœur de la parfaite sagesse -

jeudi 20 décembre 2007

SOURIRE

Photo Muttifree

Je me suis lié d'amitié avec les nuages
blancs et les cigognes grises
qui répondent doucement au vent frais
et à la Lune brillante.
Insoucieux du temps qui s'écoule.
Je reste clair et calme en étant assis
avec un bol de riz
une assiette de légumes sauvages
et une tasse de thé :
je souris.

Kusan Sunim

dimanche 16 décembre 2007

...VIDE...



Trente rayons convergent au moyeu mais c'est le vide médian qui fait marcher le char.

On façonne l'argile pour en faire des vases, mais c'est du vide interne que dépend leur usage.

Une maison est percée de portes et de fenêtres, c'est encore le vide qui permet l'habitat.

L'Être donne des possibilités, c'est par le Non-Être qu'on les utilise.

Lao-Tseu - Extrait du Tao-Të King

mardi 11 décembre 2007

INFINI...



S’ouvrir à l’Infini, à notre infini, cesser de se penser, de se croire prisonnier, et commencer pour cela à aimer, à nous aimer.

S’ouvrir à l’infini, à notre infini, ne serait-ce pas d’honorer, tous les points de l’espace, de notre espace ? …

samedi 8 décembre 2007

LA VIE...




Mais qui donc est « L’ÉVEILLÉ » sinon l’Humanité elle-même…

… L’Humanité en sa multiple et unique totalité, placée au Cœur de la Vie, pour en apprendre, pour en comprendre la beauté, pour peu à peu, cheminant maladroitement, longuement, inexorablement et éternellement sur le profilé des cycles d’un temps inconnu, parvenir au déclin de l’appréhension et se découvrir sur un instant sans mesure, ETRE, La Vie, elle-même.

mardi 4 décembre 2007

PARTAGER ....

Photos de "Lasiate" (voir lien)

Comment partager, converser, échanger naturellement et simplement, tant qu'identifiés à nos pensées, à nos émotions, nous nous confondons avec elles, tant que nous ne sommes pas en mesure de Voir que pensées et émotions ne sont que des états mentaux, éphémères, mouvants, sans solidité et non, ce que nous sommes en vérité ?

Pour partager, simplement, nous entendre, nous comprendre, n'est-il pas primordial, de reconnaître que nous ne pouvons être, ni la pensée, ni l'émotion et commencer, dès lors, par nous poser l'essentielle question : "Qui suis-je ?"

Tant que nous restons identifiés à nos pensées et à nos émotions nous ne pouvons que nous engloutir dans la dualité, nous perdre dans l'idée du "moi" et "l'autre", c'est dire dans la séparativité et toutes ses conséquences chaotiques, désirs, aversions, craintes, peurs etc.

Reconnaître que nous ne sommes ni la pensée, ni l'émotion, s'est s'offrir naturellement, simplement et même directement l'ouverture à soi, au Soi, la spacialité de l'esprit, l'intelligence sensitive de l'Etre que nous sommes, ici et maintenant, et qui EST, ni moi, ni l'autre....

jeudi 29 novembre 2007

KOAN


Une illusion peut-elle exister ?

mercredi 28 novembre 2007

COMPASSION


[…]
Etudiant :
Rimpoché, vous avez dit que la compassion était un mauvais remède pour le moi. Pourtant, Naropa bafoue notre définition de la compassion de mille et une façons.

Trungpa Rimpoché :
On retrouve deux types distincts de compassion. Il y a d’abord la compassion réelle, la compassion directe, la compassion totale. Puis l’autre type de compassion, celle que M.Gurjieff appelle compassion idiote, c’est-à-dire la compassion névrotique, une façon servile d’essayer de satisfaire secrètement votre désir. C’est votre but, mais vous faites comme si vous étiez généreux et impersonnel.

Et.: Qu’est-ce que la compassion totale ?

T.R. : La compassion totale consiste à voir la situation telle qu’elle est, directement et entièrement. Si vous devez être dur, vous l’êtes, un point c’est tout. Autrement dit, la compassion idiote renferme une espèce d’opium – s’efforcer toujours de se montrer bon et bienveillant -, tandis que la compassion totale est plus littérale, elle discerne davantage, et elle est plus réelle. Vous êtes disposer à blesser quelqu’un, même si vous ne voulez pas lui faire de mal ; mais pour le réveiller, il se peut que vous deviez lui faire mal, le faire souffrir.
C’est précisément la raison pour laquelle la tradition bouddhique n’enseigne pas d’abord la compassion, le mahayana, mais bien le hinayana, le petit véhicule. A l’étape du hinayana, on essaie de trouver un équilibre. On cherche ensuite à exercer sa compassion, une fois qu’on a atteint un équilibre, construit la fondation. Il est impossible de travailler dès le départ à l’échelle de la compassion totale. Il faut grandir, avancer vers elle.

Et. : Je crois que vous avez mentionné plus tôt que l’un des obstacles à l’évolution dans ce sens était le besoin d’une garantie. Comment se défaire de ce besoin ?

T.R. : En prenant acte de ce besoin d’être rassuré ; il faut le reconnaître comme une effigie qui ne regarde que dans une seule direction, sans voir ce qu’il y a autour. Une effigie n’ayant qu’une seule face et peut-être même un seul œil. Elle ne voit pas autour d’elle ; elle ne voit pas l’ensemble de la situation. Vous saisissez à quoi je veux en venir ?

Et. : L’effigie ne regarde que dans une seule direction. Est-ce que c’est la personne qui a besoin qu’on la rassure ?

T.R. : Oui, parce que la garantie doit se rattacher à cette situation unique. Chaque fois qu’il faut vous sécuriser, ça veut dire que vous avez une idée fixe de ce qui devrait être. Et cette pour cette raison que vous fixez votre regard sur une seule situation, un élément particulier. D’ailleurs, ces situations que l’on n’observe pas parce qu’on veut être rassuré, ces situations qu’on n’examine pas, sont une source de paranoïa. On aimerait être capable de couvrir tout le terrain, mais comme c’est impossible psychologiquement, on doit s’efforcer de s’en tenir à cet élément unique autant que possible. Le besoin de garantie n’a donc qu’un seul œil.

Et. : Et quel est le moyen d’aller plus loin que cette vision a un seul œil ?

T.R. : Faire naître d’autres yeux au lieu de n’employer qu’un radar unidirectionnel. Rien ne vous oblige à fixer votre regard sur une seule chose. Vous pouvez, au contraire, déployer une vision panoramique, voir tout autour d’un seul coup. […]

Extrait de - « Jeu d’Illusion » Vie et enseignement de Naropa – de Chögyam Trungpa

Photo : Nuit de violence à Villiers-le-Bel (actualité sur le net)

lundi 26 novembre 2007

Amour du Risque


Au risque de se tromper,
Du plus lointain dégagement du souvenir,
C’est le verbe, Aimer, qui porte et soutient tous les instants
Où le taire apparaît plus amoureux que le dire,
Où éviter, manifeste un vrai choix d’amour,
Où faire, témoigne, même sous inconscience, d’un agir en substance
Où l’idée de subir n’est qu’une pensée malveillante
Cherchant à écarter de l’acceptation de ce qui est,
Où attendre permet au doute de s’envoler,
À la patience de se développer,
Au cycle d’un temps, encore inconnu, de venir en manifestation,
Affirmant en profondeur que l’idée même, de stagnation,
N’existe pas au plan de l’Essence,
Qu’hésiter ne s’impose en conscience
Qu’en ces instants où le doute paralyse le corps sentant,
Générant, finalement, d’une manière ou d’une autre,
Ce qui toujours a été, est et sera,

Le Voyage de la Conscience,

Le Mouvement de la Vie.

samedi 24 novembre 2007

CHEMINEMENT

"La vérité est un pays sans chemin"
Krishnamurti

dimanche 11 novembre 2007

REEL ou IRREEL...

Image Muttifree
***
Entretien entre Eckhart Tolle et Andrew Cohen


Andrew Cohen : Souvent, le terme « éveil » est interprété comme la fin de la division au sein du moi et la découverte simultanée d'une perspective ou façon de voir qui est intégrale, complète, ou libre de la dualité. Certains, qui ont fait l'expérience de cette perspective, disent que la réalisation ultime est qu'il n'y a pas de différence entre le monde et Dieu ou l'Absolu, entre le Samsara et le Nirvana, entre le manifesté et le non-manifesté.
Mais d'autres disent qu'en fait, la réalisation ultime est que le monde n'existe pas du tout, qu'il n'est qu'une illusion, vide de sens, de signification et de réalité.
Dans votre expérience, le monde est-il réel ? Est-il irréel ? Ou les deux à la fois ?


Eckhart Tolle : Même lorsque je rencontre des gens ou que je me promène dans la ville, faisant des choses ordinaires, le monde m'apparaît comme des frémissements à la surface de l'être. Au dessous du monde des perceptions sensorielles et de l'activité mentale, il y a l'immensité de l'être. Il y a une vaste étendue, une vaste immobilité, et une petite activité frémissante à la surface, qui n'est pas séparée, tout comme les vagues ne sont pas séparées de l'océan. Je ne perçois donc aucune séparation. Il n'y a pas de séparation entre l'être et le monde manifesté, entre le manifesté et le non-manifesté. Mais le non-manifesté est tellement plus vaste, profond et grand que ce qui se passe dans le manifesté. Chaque phénomène dans le manifesté est de si courte durée et si fugitif qu'effectivement, dans la perspective du non-manifesté qui est l'être ou la présence au-delà du temps, on peut presque dire que tout ce qui se produit dans le domaine du manifesté ressemble à un jeu d'ombres. C'est comparable à de la vapeur ou de la brume, où de nouvelles formes surgissent et disparaissent sans cesse. Pour celui qui est profondément enraciné dans le non-manifesté, le manifesté pourrait très facilement être qualifié d'irréel.
Je ne le qualifie pas d'irréel car il ne m'apparaît pas comme étant séparé de quoi que ce soit.

Andrew Cohen : Donc, il est réel ?

Eckhart Tolle : Tout ce qui est réel est l'être lui-même. Seul existe la conscience, la conscience pure.

Andrew Cohen : Votre définition de " réel ", serait donc : ce qui est libre de la naissance et de la mort ?

Eckhart Tolle : C'est exact.

Andrew Cohen : Donc, seul ce qui n'est jamais né et ne saurait mourir est réel. Et puisque le monde manifesté est ultimement non séparé du non-manifesté, à vous suivre, on en déduit qu'il est réel.

Eckhart Tolle : C'est exact, et même en chaque forme sujette à la naissance et à la mort, l'immortel est présent. L'essence de toute forme est ce qui est immortel. Même l'essence d'un brin d'herbe est l'immortel. C'est pour cette raison que le monde des formes est sacré. Le domaine du sacré n'est pas exclusivement l'être ou le non-manifesté car même le monde de la forme, je le considère comme sacré.

vendredi 9 novembre 2007

LES TROIS TAMIS

Image Muttifree


Un jour, un homme vint trouver le philosophe Socrate et lui dit :
- Écoute, Socrate, il faut que je te raconte comment ton ami s'est conduit.
- Je t'arrête tout de suite, répondit Socrate. As-tu songé à passer ce que tu as à me dire au travers des trois tamis ?

Et comme l'homme le regardait d'un air perplexe, il ajouta :
- Oui, avant de parler, il faut toujours passer ce qu'on a à dire au travers des trois tamis.
- Voyons un peu ! Le premier tamis est celui de la vérité. As-tu vérifié que ce que tu as à me dire est parfaitement exact ?

- Non, je l'ai entendu raconter et...
- Bien ! Mais je suppose que tu l'as au moins fait passer au travers du second tamis, qui est celui de la bonté. Ce que tu désires me raconter, est-ce au moins quelque chose de bon ?

L'homme hésita, puis répondit :
- Non ce n'est malheureusement pas quelque chose de bon, au contraire...
- Hum ! dit le philosophe. Voyons tout de même le troisième tamis. Est-il utile de me raconter ce que tu as envie de me dire ?

- Utile ? Pas exactement...

- Alors, n'en parlons plus ! dit Socrate.

Si ce que tu as à me dire n'est ni vrai, ni bon, ni utile, je préfère l'ignorer.

Et je te conseille même de l'oublier...

samedi 3 novembre 2007

SILENCE

Image Muttifree


« Les âmes se pèsent dans le silence, comme l’or et l’argent se pèsent dans l’eau pure, et les paroles que nous prononçons n’ont de sens que grâce au silence où elles baignent. »

Maurice Maeterlinck – extrait de « Le Trésor des Humbles -

dimanche 28 octobre 2007

PRECIEUX REFLETS

création Muttifree

« Effect’ ivement », en ces pages virtuelles ne circulent, en apparence, qu’Images et Mots…

Mots et Images, traducteurs et traductrices de pensées et de Pensées, d’impressions, de sensations, de sentiments de l’Ici et du Maintenant, ou d’un ailleurs et autrement, toujours possible dans le royaume du tout possible.

Mots et Images qui reflètent toutes les idéations de l’Homme, l’illusion dans l’illusion, l’illusion sans illusion, l’objectivité, la subjectivité, tout, absolument tout, sur le Miroir infini et immuable de l’espace sans nom…

Reflets infiniment précieux,
Des Témoins devant la vérité de Ce Qui Est
Dans le non-espace du Non-Né,
De l’Inconnaissable irradiant l’Idée de Vie
Chac’Un en participation et en témoignage d’Amour
pour l’Alchimique Symphonie du Silence.

vendredi 26 octobre 2007

ET SAVARI CHANTA...


« La pureté primordiale de l’esprit
Est de la nature de l’espace
Il n’y a rien que quelqu’un
Puisse recevoir ou rejeter !
Le Gange et toutes les rivières qui s’y jettent
Coulent dans l’océan et n’ont plus qu’une saveur.
L’esprit et les évènements
Reposent dans l’expansion de la réalité originelle,
Ils n’ont qu’une seule saveur !
Pour un esprit illuminé
La dualité de la méditation et non-méditation n’existe pas.
Ainsi l’espace ne se perçoit comme espace
Et ne médite pas sur lui-même :
C’est un état d’attention non duelle
Où les diverses perceptions
Se mêlent comme le lait et l’eau
Dans la saveur de la grande félicité. »

Extrait de « l’Incendie du Cœur » de Daniel Odier

Image créée par Muttifree

mercredi 24 octobre 2007

MÂITRE et ELEVE


En Inde, dans une région proche du Tibet, il était une fois un maître et son élève.
Quand le maître et l'élève eurent débattu des conditions pratiques d'usage, le maître commença son enseignement. Il dit à son élève :
« Tu dois être fort. Va chercher qui tu es. »

L'élève partit chercher la force et un an plus tard il revint voir son maître et lui dit :
« Je suis fort. »
Pour montrer sa force, il prit un roc qu'il aurait été incapable de déplacer une année auparavant, le leva au-dessus de sa tête et le fracassa en mille morceaux sur le sol.

Très bien, dit le maître, tu es fort. Maintenant, tu dois être intelligent, va chercher qui tu es.
L'élève partit chercher l'intelligence et trois ans plus tard il revint voir son maître et lui dit :
« Je suis intelligent. »

Le maître lui donna un texte très volumineux.
Reviens m'en parler dans trois heures.
Ce temps écoulé, le maître et l'élève parlèrent de l'ouvrage, d'égal à égal, jusqu'au lever du jour. Le maître à ce moment-là dit :
« Tu dois être sensible. Va chercher qui tu es... »

L'élève partit et son absence dura dix ans.
A son retour il montra au maître toute sa sensibilité.
Très bien, dit le maître, tu es fort, intelligent, sensible, tu dois aussi être rigoureux...

L'élève lui coupa la parole et dit :
Je suis qui je suis.

Je n'ai plus rien à t'apprendre, répondit le maître. Va, ton chemin est bien le tien.

mardi 23 octobre 2007

SEMAILLES

Photo Muttifree

… Toutes les fleurs de l'avenir sont dans la semence d'aujourd'hui…

- Inconnu -

dimanche 21 octobre 2007

OCEAN


Tant que vous vous prenez pour un individu vous êtes persuadé que l'individu va réaliser quelque chose.
Vous n'êtes libre que lorsque vous réalisez que l'individu n'a pas de réalité autonome.

Ne croyez pas que la vague … un jour … viendra se fondre dans l'Océan.

Comment le pourrait-elle puisqu'elle est déjà l'Océan ?

Avez-vous vu, déjà, un Océan sans vagues ?

Retirez les vagues, où est l'Océan ? Pas d'océan sans vagues, pas de vagues sans océan.
Voilà pourquoi la vague est l'océan.

Lorsque la vague cesse de se prendre pour une vague, elle est, maintenant et ici-même l'océan.

Et croyez-vous que l'Océan ait conscience d'être Océan ?
L'Océan ne voit rien qui soit différent de lui-même et c'est cela qui fait qu'il est Océan.
Pur Être.

Ainsi, lorsque la vague cesse de se prendre pour une vague, les concepts de vague et d'océan disparaissent. Seule demeure l'eau.

Et qu'est-ce que l'eau sinon la manifestation de la Source d'où elle provient ?

La connaissance de la nature de l'eau équivaut à la connaissance de sa source. Y aurait-il une source séparée de l'eau ?

Acceptez d'être, simplement, Conscience.

Sinon, qui éclairera le monde ?

Anonyme

mercredi 17 octobre 2007

mardi 16 octobre 2007

OUI, JE SAIS ...



Oui, je sais….

Ce petit mot à l’apparence toute simple, que l’on serine des millions de fois par jour un peu partout et en tous langages, ressemble à une terrible calamité.
Dès qu’il est prononcé, de quelque manière et pour quelque raison que ce soit, tout échange est interrompu, en soi-même comme avec…l’autre.
Bien sûr, la conversation peut tenir encore un peu de temps s’organisant autour de tout ce que le mental peut déployer, qui n’apportera plus aucune surprise, aucun émerveillement, du plaisir sans doute, mais peu de joie véritable.
Une porte s’est bel et bien fermée. Et ce qui est fermé, surtout, c’est l’Ecoute.
Pour quiconque prononce, Je Sais… l’oreille se ferme, sa position se replie tel l’escargot apeuré qui se réfugie sous sa coquille.
Oreille fermée, le regard se ternit, le cœur ne bat plus que pour permettre la survie temporelle d’une forme, l’esprit, l’intelligence ouverte de l’esprit ne peut plus, ou très difficilement atteindre quiconque s’est enfermé dans « son savoir ».
Prononçant cet impératif, Je Sais… comment pourrait-on …
Découvrir encore, et encore,
Comprendre, encore et encore,
S’émerveiller encore et encore,
Desceller le bonheur d’être et la joie de vivre.

Comment entendre le particulier et indivis JE SUIS… que tout UN chacun est…

Peut-être en ne se décomposant plus, en tout un cortège de vaines qualifications … et en déposant à jamais le … Je Sais …

dimanche 14 octobre 2007

Variation Astrologique Dominicale

Tableau de Stephanie Pui Mun Law


L’ARBRE DE LA VIE

Du tapis de Malkout, de Gaïa, d’Urantia,
Mots secrets et doux de la Terre,
Monte un chemin de Lumière

A l’étape lunaire, Gabriel et les Anges
D’un doigt pointé de Mystère
Nous désignent Mercure
Et l’Archange en sa gloire installé.
De son aile vibrante, d’un coup de vent léger
Raphaël nous évente
Vers la Victoire et les Principautés.
De Vénus alors, enrubannés,
Nous apprenons l’Amour.
Pour aller plus haut, plus loin, pour nous élever
Par l’Amour il nous faut, Etre, transportés.
Puis dans l’espace et le temps
Nous voguons jusqu’aux Vertus et la Beauté.
De Lumière et de Soleil, dès lors,
Par Mikaël nous sommes habillés.
En cette Lumière d’Or
Révélé au Soi qui se re-connaît
Le Sceptre du rayon rouge est donné.
De la Puissance et de la Force
La Porte est entrebâillée, mais plus loin
Plus haut encore, il faut aller
Et dans l’Eau de Miséricorde, nous baigner.
Saturne alors sur son Trône de Lumière
Nous révèle le Secret du Vert,
De l’Emeraude, de la Rosée de Mai.
Si, vainqueurs et charmés,
Par les Sept Rayons soudain animés
Si, par Uranus, nous nous laissons déshabiller
Et que le Cœur, à nu,
Se laisse regarder,
Des mains des Chérubins,
Le Livre de la Sagesse
Nous est donné.

Devant Neptune et ses Tourbillons
Dès lors nous nous tenons :

Mais de Cela, ici,
Nul ne peut parler.

vendredi 12 octobre 2007

SIMPLICITE ...

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« A partir du moment où on essaye d'analyser ou d'expliquer une chose,on perd l'essence même de la chose. Et la vie elle-même est au-delà de toute définition, il suffit simplement de l'éprouver et de la vivre. »

Jacques Mayol plongeur en apnée, "l'homme-dauphin"

mercredi 10 octobre 2007

BONHEUR...

Child of Lillith from Marissa

« ... Il est un état où l'âme trouve une assiette assez solide pour s'y reposer toute entière et rassembler là tout son être, sans avoir besoin de rappeler le passé ni d'enjamber sur l'avenir ; où le temps ne soit rien pour elle, où le présent dure toujours sans néanmoins marquer sa durée et sans aucune trace de succession, sans aucun sentiment de privation, ni de jouissance, de plaisir ni de peine, de désir ni de crainte que celui seul de notre existence, et que ce sentiment seul puisse la remplir tout entière ; tant que cet état dure, celui qui s'y trouve peut s'appeler heureux, non d'un bonheur imparfait pauvre et relatif, tel que celui qu'on trouve dans les plaisirs de la vie, mais d'un bonheur suffisant, parfait et plein, qui ne laisse dans l'âme aucun vide qu'elle sente le besoin de remplir. »

Jean-Jacques ROUSSEAU
Les Rêveries du Promeneur Solitaire (5ème promenade)
Oeuvre inachevée

mercredi 3 octobre 2007

LOVING LIFE

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« Ainsi, l'âge avancé est...une limitation, un rétrécissement.
Et pourtant, il est tant de choses qui m'emplissent : les plantes, les animaux, les nuages, le jour et la nuit, et l'éternel dans l'homme.
Plus je suis devenu incertain au sujet de moi-même, plus a crû en moi un sentiment de parenté avec les choses.

Oui, c'est comme si cette étrangeté qui m'avait si longtemps séparé du monde avait maintenant pris place dans mon monde intérieur, me révélant à moi-même une dimension inconnue et inattendue de moi- même. »

« Ma vie »de C.G.Jung.

mardi 2 octobre 2007

PARAMATMA

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et transmis par Aksysmundi



PARAMATMA


Prenons Conscience de La Présence Divine

Dans le Cœur de tous les êtres.

Absorbons-nous en Cette Présence

Comme l’eau disparaissant dans l’eau,

L’Espace dans l’Espace,

La Lumière dans la Lumière.

L’Esprit Humain et l’Esprit Divin sont Un Seul Esprit

Prenons conscience de cette Vérité des Vérités.

Chaque jour, à chaque instant,

En méditation comme en nos tâches quotidiennes

Souvenons-nous de la Divine Présence

Dans le Cœur de tous les êtres.


HARI OM TAT SAT

Salut à cette Vérité Divine

dimanche 30 septembre 2007

DIRE...ECRIRE

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Chacun aime parler, chacun aime dire, chacun ose dire ce que le cerveau dont il se sert vient à comprendre ou à croire comprendre au fil vif et ténu de la pensée qui navigue, ici et là, et que l’on capte par hasard ou par recherche, l’exprimant, l’exploitant comme « sienne ».

Scrutant au plus près ce phénomène, il apparaît en conscience un instant intensément précis où l’on peut se saisir du fait que la pensée n’appartient à quiconque, sinon à elle-même et qu’il n’est rien en elle que quiconque puisse traiter sur un mode de possession.

Personne ne se trouve en opportunité de penser par lui-même ; cependant si chacun le croit, si aisément, ce ne peut être qu’au gré de ce mystérieux phénomène de « circulation de la pensée » à l’intérieur de cette sphère cervicale à laquelle chacun s’identifie.
Ainsi, « la signature » sur tel ou tel écrit, relatant telle ou telle pensée, ou telle ou telle compréhension idéologique est un leurre manifeste.

Que ce qui se dit, ici, n’empêche personne…

En ce monde, toute tête, tout cœur, tout corps baigne dans un océan de pensée en lequel il pêche ce qui vient le toucher.
La pêche se révèle parfois sans consistance, impropre à nourrir le monde. Certaines pêches vont jusqu’à empoisonner le monde…
Cependant il existe aussi des pêches miraculeuses.

Ce qui importe ainsi, par la grâce de ce mode de circulation qui s’effectue au cœur de tout « moi » qui ose dire et écrire ce que la pensée inscrit de seconde en seconde en sa sphère individuelle, c’est que tous les mots utilisés entretiennent « le langage » « la parole » - magique opportunité offerte à l’humain - porte ouverte pour une communication orale ou écrite en rappel, de l’Unique Logos, l’Unique Verbe énoncé éternellement en Conscience au moyen de nos Sens …

Aimer nous Voir Vivre,
Aimer Entendre La Vie,
Aimer Sentir La Vie,
Aimer Goûter la Vie,
Aimer Toucher La Vie,
Aimer Communiquer La Vie

mercredi 26 septembre 2007

ETRE PLEINEMENT

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« …"Etre pleinement" se produit précisément où nous sommes à l'instant et
ne nécessite aucune modification.

Il convient de distinguer le fait de rendre "acceptable" notre incomplétude, et l'Amour inconditionnel à l'égard de cette incomplétude.

Tout ce que nous estimons grossier, inabouti, imparfait, perfectible en nous, ne constitue pas un obstacle au fait que "nous soyons".

"Je Suis !" ; c'est en cela que réside ma complétude, mon accomplissement,
mon intemporalité céleste.

Y a t-il une plus grande source de satiété et d'étonnement que cette grâce ?... »

AKSYSMUNDI

mardi 25 septembre 2007

DOUCEUR et COMPASSION

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Interprétation libre de l’image de Milarepa


MILAREPA

« Ayant médité la douceur et la compassion, j’ai oublié la différence entre moi et les autres. »

dimanche 23 septembre 2007

AVEC LE COEUR



A MOUNIPREMA

A SHUSHA


« Il est parfois de purs instants de transparence où semble s'effacer toute frontière entre le dehors et le dedans, où l'âme et le jardin se regardent, se découvrent accordés et s'accueillent
dans la paisible évidence d'une amitié plus ancienne et fidèle que la mémoire des jours. »

Henri Gougaud - Paramour

mercredi 19 septembre 2007

Une "longue" histoire...

Assise face à son bureau, Vesta scrute le mur blanc. Depuis de longs mois elle s’interroge sur la véracité du « Voir », troublée par toutes les contradictions qui se révèlent entre ce que chacun voit de soi-même ou du monde, selon ce qu’il en exprime et de ce que Vesta elle-même voit ou discerne.
Toutes ces contradictions entretiennent le doute et génèrent un flot ininterrompu de questionnements.
Peut-être ne se connaît-elle pas vraiment après tout !

Parfois comme désabusée par le regard qu’elle jette presque éperdument, naviguant entre ce qu’elle voit et connaît d’elle-même, souvent al contrario du regard d’autrui (mais ne serait-ce pas plutôt une absence de regard ?), Vesta rencontre aujourd’hui la nécessité d’un ajustement vigilant de sa vision d’elle-même, tout autant d’ailleurs, que des affaires du monde qui l’entoure. Elle souhaite ardemment, un regard ajusté à la vérité, à la réalité pleine et entière des choses vues et vécues. Atteindre à une réelle objectivité lui est toujours apparue comme une gageure, en ce monde où la subjectivité à la sensation règne en maître à penser.

Entremêlant l’espace et le temps qui lui apparaissent ni indivisibles, ni indissociables, Vesta entreprend dès lors de passer en revue toute la vision conservée des jours passés.
Réviser ses propres atteintes subjectives, observer crûment les pensées et les gestes réactifs émotionnels auxquels elle s’est vue tant de fois psychologiquement soumise, scruter sincèrement les actes commis souvent par sujétion à l’environnement, parfois intentionnellement, sans le pouvoir cependant, de mesurer vraiment la densité, la réalité profonde de l’intention.

Trop de jours passent sans que rien ne vienne effleurer, toucher, faire croître la conscience.

N’extrapolant point encore sur le résultat des possibles découvertes, Vesta s’avise toutefois que cette recherche, volontaire, exige une discipline, une vigilance incessante, une attention sans faille des actes majeurs et mineurs qu’elle se destine à re-visionner dans le but de traquer le vrai du faux, de s’absoudre du mensonge qui sans doute se perpétue encore en elle, même aujourd’hui sur de minimes instantanés pourtant d’importance capitale.

En première instance, l’intense vigilance du regard est requise. Regarder … est un acte d’apparence simple sauf lorsqu’il s’agit plutôt de Voir, justement, ce que cache l’apparence et de déceler ce que l’acte de regarder en surface pourrait dévoiler en plus grande profondeur.
Voit-on toujours, réellement, ce qui est, ou bien contentons-nous de regarder ce que l’on pense, ce qui revient à dire, ne nous contentons-nous pas de voir ce que nous voulons voir, faisant fi de la vérité de manière incessante ?

Vesta se souvient d’une ébauche de sa réflexion, assez vite rendue au silence, par crainte de conflits majeurs avec sa mère. Dans les faits du quotidien le pointu du regard mettant en exergue une certaine finesse de vision s’est exercé à de nombreuses reprises et si Vesta « Voit » sa génitrice, cette dernière, c’est certain, ne « Voit » pas Vesta.
Plus encore, le regard maternel s’auto aveugle pour conserver plus ou moins consciemment un regard agréable sur elle-même. Découvrir en soi des manifestations, jugées par le monde moral ou bien pensant, négatives, mauvaises ou malsaines, n’est pas facile à vivre.

Si le regard accepte certaines tendances c’est au prix d’un mental indulgent envers soi-même et particulièrement sévère et critique envers autrui.
Conserver une bonne image de soi pour survivre psychologiquement représente, véritablement, la main- mise du mental déversé sur le regard, soumis dès lors, au paraître.
Ici, Vesta ne pratique aucunement une critique acerbe de sa mère, simplement la lame acérée de son Amour pour elle, l’enseigne ; il existe tant et tant d’individus procédant à l’identique, que la tactique mentale dont ils sont devenus les otages inconscients lui est devenue familière.

Aujourd’hui, à chaque apparition de cette tactique si tranquillisante pour celui qui en use sans même le deviner, Vesta pose, simplement son regard, lucidement neutre, tranquille.
La tactique est fascinante. Ecoutant, puisque l’œil ne peut que rarement se séparer de l’oreille, Vesta observe avec aisance que ces êtres se sont bel et bien « Vus » en vérité, et comment, avec une rapidité vertigineuse leur étonnante capacité mentale redresse la barre, leur permettant de trouver toutes les meilleures raisons d’avoir pensé, parlé, agi, de telles ou telles façons.
Si Vesta croyait au Ciel à la manière de tout un chacun, elle le bénirait pour n’avoir pu manifester qu’une certaine lenteur d’esprit, ce qui finalement lui a permis des arrêts sur images intéressants et efficaces.

Ah … La lenteur d’esprit …

Consciemment rivée à l’écoute de l’image qui semblait la sienne selon chacun, l’existence de Vesta s’est déroulée sous la férule d’une permanente apparence de contradiction.
Elle écoutait, acquiesçait ou ne disait mot, et agissait au final en laissant surgir un comportement qui portait vraisemblablement une réponse, mais pour lequel de ses interlocuteurs, allez savoir !
Il lui est apparu, parfois, que sa mère percevait quelque chose de ce trait de caractère, jugé sans véritable personnalité, et cela n’arrangeait rien entre elles.
Vesta sentait que sa mère ne voyait en ce comportement que de la révolte contre l’autorité … son autorité. Sa mère appartenait et appartient sans doute encore à ce type de personnages aux caractères forts, qui s’accrochent aux idées comme à une bouée de sauvetage. Hors de l’opinion, point de salut !
Quoiqu’il en soit en vérité, la mère opta pour une problématique chez sa fille et pris un rendez-vous chez un psychologue.
Le diagnostic psycho médical trancha bizarrement pour le lymphatisme.
Comment Vesta aurait-elle pu leur confier, en son état d’enfant comme en celui d’adolescente, qu’elle ne parvenait pas à discerner ce qu’elle avait à faire ici, sur cette terre, et que dans cette ignorance collective, elle nourrissait l’espoir de se trouver une raison d’être en observant ses vis-à-vis.

Faux espoir. Terrible espoir.

Elle ne trouvait jamais rien, ni personne, pour s’accorder vraiment, sans pour autant devenir apte à totalement se désaccorder tant les liens à autrui lui paraissaient indéchirables.
Sans savoir ce qu’elle était, qui elle était, ce qu’elle voulait ou aurait voulu, il existait un fait incompréhensible … quelque chose inconnu d’elle ne correspondait en aucune manière avec ce qu’elle pouvait observer d’eux. Elle ne comprenait pas ce qu’elle voyait. Quelque chose ne collait pas.

Entre « Dire » et « Voir » s’écartelait une sorte de disfonctionnement.

Au cœur de cette foule que l’on nomme les grands parents, les parents, les amis, les enseignants et autres rencontres de l’enfance et de l’adolescence, Vesta se destinait déjà à apprendre, sans encore le percevoir nettement, le fait incroyable mais ô combien véritable, de la solitude de chacun.
Ce n’était pas faute de partager les impressions de l’environnement, et ce n’était pas affaire d’opinions puisque la « personnalité inconnue » qui générait « son image » ne parvenait à s’attribuer aucune de ces opinions ou convictions exprimées tout en concevant sans peine les émotions et réactions de chacun. Elle ignorait en ce temps là, la possibilité existentielle d’un être se manifestant tel un « simple témoin » puisque elle vivait cet état en toute inconscience. Au travers de ses perceptions elle tentait à chaque instant, désespérément mais avec un certain succès, à devenir véritablement « acteur ».

Par un effet reflet, elle se découvrit au cours de l’adolescence, un goût très prononcé pour le théâtre. Hélas (peut-être), hors les « veillées » en colonies de vacances et les intermèdes culturels à l’école, pendant lesquels elle a, à plusieurs reprises, littéralement brûlé les planches et reçu de chauds applaudissements, elle n’est pas parvenue à se maintenir sur cette voie. Quelque chose au niveau de l’image corporelle s’était négativement glissé pour l’empêcher de sauter le pas, d’aller de l’avant, d’oser décapiter l’idée d’une réelle impossibilité physique.
Il lui est devenu évident et vital, pour la qualité de sa tranquillité intérieure, et somme toute « plus pratique » de s’en tenir à la fonction d’observateur.

L’idée (de l’impossibilité physique) était d’ailleurs tellement aérienne, si légèrement formulée au cœur de son esprit, que ce n’est que beaucoup plus tard, en un moment contradictoire durant lequel une certaine forme de « personnalité vraiment très personnelle » parut vouloir se dessiner qu’elle prit conscience de cet état de fait.

En réalité, et tel que Vesta le regarde aujourd’hui, ce fut en plongeant dans les impressions communes et en acceptant, à contre cœur, la pensée qu’un sentiment d’infériorité (idée émise par un « psy ») la tenaillait.
De ce sentiment s’émargeait une grande timidité … Enoncé comme un « j’ai dit » par le détenteur du pouvoir « psy », cette fausse vérité lui tînt tant soit peu compagnie durant des décennies. La timidité, arrimée par la parole médicale assénée, se tenait là, tranquille, discrète, prête à surgir dès que la vigilance du regard cédait à la pression mentale. A dire vrai, les occasions pointèrent, rarement leur nez, Vesta vivait son regard, bien plus que ses mentalisations.
Communication totale … partagée en vérité … ? Impossible ! Voilà l’unique constat qu’elle pouvait faire.

Se tenir, le plus calmement possible dans l’observation et agir selon son sentiment même si se devait être contradictoirement aux images présentées l’amenaient à croire qu’elle était réellement ce qu’elle devenait.
Dans ces instants là, l’attitude prise lui offrait l’idée d’être enfin … quelqu’un … avec cependant un sentiment d’étrangeté.
Il devient, ici, possible de « Voir » comment l’illusion peut germer et se diffuser. C’est ainsi que Vesta s’est offert un éventail de comportements des plus variés, dans le plus pur laisser-faire intuitif, et dans la plus épouvantable des incompréhensions parentales.
Comment exprimer, à sa mère comme à son père, et plus tard à son beau-père, qu’elle ne percevait rien de réel et de vrai dans les attitudes qu’ils auraient voulu la voir composer et que l’aspect lymphatique de son comportement ponctué de sursauts agressifs de défense, ne dépendait que de son bonheur à vivre dans l’observation des choses et des gens dans l’espoir de comprendre ce que voulait dire, Vivre.

Prendre position, entrer dans les choses, Vesta y parvenait bien sûr, et même avec bien plus de passion que ne le laissait soupçonner ce « lymphatisme » apparent qui les gênait tant. Il lui est arrivé de croire que c’était uniquement par un effet de mimétisme à l’environnement. Vous savez, un peu comme lorsque l’on prend l’accent d’une région où l’on se trouve en vacances, mais aussi par ce défaut bizarre, cette impossibilité qui semble sienne quant à se former des opinions précises et qui la pousse à investiguer, à observer soigneusement les effets de telles ou telles idées sur la conscience.

Certaines personnes autour d’elle lui paraissent tellement accrochées à l’idée que tout est tel que le monde le voit, ou le dit, qu’il lui arrive de douter d’être nantie de quelque intelligence.
Souvent, dans la tentative d’accéder à l’appréciation des choses des uns ou des autres, Vesta s’égare dans l’espace temps de leur vision au point de paraître rêver et d’exister par procuration … à la manière de … ! Elle parvient dès lors, d’une certaine manière, à pénétrer dans leur regard et comme si elle se soumettait à leur très forte suggestion, elle s’engage dans le couloir de leur description des choses. Il lui est alors arrivé de croire en leurs dires au point de « devenir » ce dire et de s’exprimer comme en plein accord.
Ce n’est pas qu’elle craigne vraiment de passer pour une « idiote », inapte à accepter l’idée communément prise en compte comme vérité… En vérité d’ailleurs… Vesta ignore totalement ce qu’idiotie peut signifier, de même qu’elle ne saisit pas ce qu’intelligence ou absence d’intelligence peut bien vouloir dire.

Le « problème » semble résider au sein d’une apparente divergence de la perception qui génère nombre de désaccords expressifs, à défaut de conflits réels puisque se réfugiant le plus possible dans l’écoute, sans trop rien dire, elle s’accorde en surface, acquiesce aux divers raisonnements dans l’utopique espoir de ne déranger personne.
Vesta ressent bien qu’il existe une confusion entre intelligence et aptitude intellectuelle mais elle n’a pas encore découvert un moyen oral d’exprimer son ressenti à ce sujet.

Le plus étonnant pour sa perception consciente étant, qu’à chaque intermède de cette pénétration dans une croyance qui a priori ne la possède pas, elle devient presque la plus apte et la plus acharnée à convaincre autrui de la véracité de cette croyance.
En ce singulier état de « sympathie » à l’environnement, sa « personne » n’existe pas, et seule, la conscience en un coin reculé permet l’étonnement du regard devant cette sorte de dédoublement.

Il est bien difficile d’exprimer un ressenti avec des mots, cependant, cet état lui fait l’effet que l’aperception de la vérité, s’il en est une, n’est possible que par la grâce de ce jeu du miroir et que prenant en compte individuel la certitude de l’autre, sa propre conscience enrichie d’un doute (ni exprimé, ni révélé) s’offre un point de vue élargi.
Ainsi, Vesta peut affirmer ce que l’autre croit, bien qu’elle-même n’y croît pas, et c’est au cœur de cette affirmation qu’elle décèle l’opportunité d’une autre vérité, tout autant possible et tout autant improbable que la précédente.
L’une comme l’autre reste, en l’état actuel de sa conscience, invérifiable.
C’est comme si la vérité ne pouvait occuper aucun espace, ne s’infiltrer nulle part ailleurs qu’en soi-même. Voyez-vous ce que Vesta voit ?
Il faudrait être la Vérité elle-même pour l’affirmer comme telle !
Sommes-nous la Vérité ?

Vesta se dit que c’est peut-être cela que l’on appelle se faire l’avocat du diable !
Heureusement, elle ne croit pas plus en le diable qu’en dieu, alors ce faire l’indiffère … presque … bien que par le biais de ses différentes et très ponctuelles « écritures », quelque personne de son entourage, ait pu être porté à croire qu’elle croyait totalement au discours mystique que par instant elle emploie.

Elle pourrait, ici, nous dire, qu’elle invoquait ces possibilités à titre de tests destinés au chercheur dont elle n’a pu éviter l’investiture en son esprit.
Au contour de cet envahissement, quelque chose de l’ordre d’une vérification s’ordonne, bien qu’autre chose se pose la question de comprendre ce qu’il pourrait bien y avoir à vérifier, et pour quelles raisons ?
Vesta n’a jamais vraiment cru en la possibilité d’une vérification au moyen d’une technique psycho spirituelle ou autres procédés similaires.
Mais, l’empathie naturelle qui semble caractériser son vivre, cette étonnante manière de fonctionner au quotidien du mental humain, l’a poussée à pénétrer au cœur de quelques unes de ces techniques. De catastrophiques effets l’ont alors précipitée au tréfonds de ce que beaucoup nommerait l’ombre, mais ici encore se pose la question de savoir : qu’est-ce que l’ombre ?
Est-ce l’avers de la lumière ? Ou simplement son faire valoir ?
Qui donc pourrait lui répondre au-delà de cette curieuse sensation d’obligation à la croyance destinée en vérité et avant tout autre chose, au confort mental ?
Ce qui est certain, pour Vesta, c’est que sa découverte de la possibilité de défendre une idée à laquelle on ne croit pas face à des individus qui pensent y croire et ne s’engagent dans cette voie que dans le but d’y trouver un réconfort psychologique, a été un moment : « essentiel ».

Même en écriture, Vesta ne voit en ce qu’elle énonce, qu’un instantané, qu’une fulgurance spontanée jaillissant sur une seconde du temps.
Croire en quelque chose lui apparaît comme un non sens, comme une absence de mouvement dans le temps et l’espace du vivre, comme une accroche confortable évitant de se confronter au rien, au vide, au néant, à l’inconnaissance naturelle, au non savoir permanent puisque toujours en mouvance. Tout pour elle, émane d’un simple témoignage de la sensation de présence au monde, de ses ressentis, des questionnements sans réponse effective dont elle ne peut faire totalement fi puisque son cerveau les lui présente irrémédiablement au détour de toutes les rencontres.

Tout, ici, partout et en tout, n’est qu’histoire de se témoigner soi-même, à soi-même … un simple mode d’expression des ressentis, des questionnements mentaux qui assaillent tout être, le comblant tour à tour de peines et de joies, de douleurs et de bien-être.
Une simple histoire de témoigner des aller et retour de la souffrance et de la plénitude, de ce magique reflet de la mort et de la vie.

Extrait de "Regard sur Hier" de Muttifree - 1998

dimanche 16 septembre 2007

SON et LUMIERE



Ombre Lointaine,
Ramage de couleurs incertaines
Si loin, si proche, ici et au-delà,
Aujourd’hui, hier et demain,
Là, où la pensée ne s’agite pas
Ni flux ni reflux,
Marée Divine, étincelante, ruisselante,
Et l’Idée de l’Homme qui en son sein,
Vibre, Chante, Respire

Sans sommeil, sans rêve,
Si loin, si proche, ici et au-delà,
Aujourd’hui, hier et demain,
Le Présent, La Vie
Divin Silence,
Intelligence immobile
Sagesse folle libre et tranquille
Carbone, incandescence de l’Amour

Frémissement d’une Eau laiteuse
Douce, suave, salvatrice
Feu inconnu irradiant,
Invisiblement nimbant le Vide
Si froid, si chaud,
Si plein de Rien, si plein de Tout
La forme d’un petit penseur
Se dénude, se brise.
Solitude, Paix.

Silence soudain s’explose, s’implose
Ombre et Lumière,
Son et Lumière
Univers, Unisson
Silence sur notes multiples
Harmonie sur portée miraculeuse
Musique, Radiance, Vibration
Rayonnement démultiplié de l’Amour.
Tant de Réalité soudain dévoilée, révélée.

Ombre, Lumière, Silence, Son
Entrelacs irisés
Du Feu, de l’Eau, de l’Air
Puis une Terre
Magique Matière
Point d’Orgue d’Un Soleil Radiant
Eclairant secrètement l’ombre
Dessinant les formes
Libérant l’Idée d’une Création.

Magnificence, Magnificat

samedi 15 septembre 2007

LES HUIT DHARMAS

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Plaisir et Douleur
Perte et Gain
Louange et Blâme
Gloire et Honte


Les huit dharmas de ce monde

[…] « Nous pourrions avoir l’impression qu’il faut essayer d’éradiquer ces sentiments de plaisir et de douleur, de perte et de gain, de louange et de blâme, de gloire et de honte.
Une approche plus efficace serait de parvenir à les connaître, de voir comment ils nous harponnent, comment ils colorent notre perception de la réalité, et qu’ils ne sont pas si solides que ça. Alors les huit dharmas de ce monde deviendront le moyen de devenir plus sage, en même temps que plus aimable et plus satisfait. » […]

Extrait de « Conseils d’une amie pour des temps difficiles » - Quand tout s’effondre –
De Pema Chödrön

mardi 11 septembre 2007

SILENT SPACE

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SPACE I AM

Espace, Inconnaissable, UN-connaissable D.I.E.U.
Immuable, Om ni Présence de l’Espace
Un palpable, Un visible, Un sondable, sans Nom
Espace, Un fini sans trêve élargi,
Espace par Amour sans relâche agrandi.
In ouï, in ouï l’Amour, in ouï
Qui par l’éclosion de mille soleils
De l’Espace illumine La Face
Et toujours et à jamais, de minuit à midi
Enveloppe ou pourchasse les ténèbres.
Nulle fin possible pour cet Un sondable
En cet Un connaissable, Tout Jour, jaillit l’Amour
Puisque Espace jamais ne se lasse d’Être,
Et de Se Reconnaître.
Vérité, vérité de l’Un sondable Espace
Sans fin ni commencement, Tout Jour, Tout Nuit
Inspir, Expir, sans relâche, Danse Inextinguible
Mouvement parfait, encore, encore et encore
En main, tenant tout jour la Vie
Tout Jour l’Amour
De l’Espace, le Présent.
Espace, Unique Corps de Vérité
D’Amour et de Sagesse réunis
Jusque la Folie.
Folle Sagesse de l’Intelligence en Soi,
Je Suis
L’Un Sondable
L’Un Connaissable Présent.
Ici, en main tenant tout jour l’Espace,
En Moi, autour de Moi
Je Suis
Un fini, sans source Je Suis Source de Moi-Même
Comme Un conscient Je jaillis
Et par Amour Me déroule dans l’Un fini
Pour Etre l’Espace que Je Suis.

lundi 10 septembre 2007

ECOUTER




ECOUTER EN L'ABSENCE DE TOUTE PENSEE



" Je ne sais si vous avez jamais écouter un oiseau. Pour écouter, il faut que l'esprit garde le silence - pas un silence mystique, simplement le silence. Je vous parle : pour m'écouter vous devez être calme, tranquille - et non avoir l'esprit bourdonnant d'idées de toutes sortes.

Lorsque vous regardez une fleur que ce soit sans la nommer, sans la classifier, sans dire qu'elle appartient à telle ou telle espèce ; si c'est ce que vous faites, alors vous ne regardez plus la fleur.


C'est pourquoi je vous dis qu'écouter est l'une des choses les plus difficiles - écouter le communiste, le socialiste, le député, le capitaliste, n'importe qui, votre femme, vos enfants, votre voisin, le contrôleur du bus ou l'oiseau - simplement écouter.


Ce n'est que lorsque vous écoutez en l'absence de toute idée, de toute pensée, que vous êtes en contact direct : alors vous comprendrez si ce que dit l'orateur est vrai ou faux ; toute discussion sera désormais pour vous inutile."


Krisnamurti (Le Livre de La Méditation et de La Vie)

vendredi 7 septembre 2007

LA COLERE


Amis, regardons bien la colère lorsqu’elle « monte en nous » selon la juste expression du vocabulaire commun, puisqu’elle jaillit bien de nos profondeurs,
Regardons la tandis que peu à peu elle monte jusque sous le nez puis à la racine des yeux pour justement être au plus près de notre regard.
Regardons-la
Éprouvons-la…

Alors Ami, VOIS, la Colère,
Cet orage grondant qui s’élève emplissant tout l’espace de l’intelligence d’un lourd et épais nuage rouge puis noir.
Entends comme elle gronde.
Observe la tornade qui surgit alors en ondes rougeoyantes et meurtrières roulant et déroulant puissamment le nuage noir qui claque et tonitrue jusqu’aux limites de ce crâne qui ne devrait refléter que l’espace Intelligence.
Observe, l’onde écarlate qui incendie cet espace, dévaste et dévaste encore, libérant des rafales de vents et d’eau qui arrachent, noient et détruisent tous les germes de conscience et de compréhension sur son passage, puis, tâche accomplie, te laisse exsangue, sans voix, ni force, tel un animal mortellement blessé, qui s’essaie à lécher ses blessures sans savoir ni comprendre d’où est venue cette attaque dévastatrice, et sans voir l’autre - générateur ou receveur de l’impact destructeur – en face, tout autant blessé, meurtri, anéanti.
Observe la Colère, Ami, lorsqu’elle monte en toi, observe bien sa puissance, ses couleurs et son rôle…

Comprends, prends conscience, Ami, que l’usage de la Colère appelle à une parfaite connaissance de ses effets, parce que sans connaissance ni conscience, l’usager lui-même, s’il se laisse emporter par les torrents déferlants ne restera pas indemne.

La Colère est un feu Noir aux écarlates étincelantes, et ce Feu, en un crâne inconscient devient une calamité. Toute âme qui, ne connaissant pas cette force, se laisse chevaucher, ou tente de la chevaucher sans conscience, détruit… et se détruit.

Seule, un être conscient et connaissant peut être appelé à utiliser cette force, la chevauchant d’une main ferme, la maîtrisant, pour offrir cette force à son Action.
Seule, la Maîtrise de l’Energie que déploie la Colère permet d’en découvrir son avers, la Créativité.

Ainsi en est-il de tous les « objets » de la conscience, de tous les sentiments-qualités-vertus-défauts, dès qu’un effort de compréhension (prise en soi), un juste regard, un face-à-face conscient, conduit à VOIR l’avers et le revers de la chose observée.

Ainsi, s’ouvre la porte du Discernement.

mardi 4 septembre 2007

RELATION... CONNAISSANCE de SOI ...


RELATION…

[…] « …l’homme qui souhaite recevoir la réalité et non la chercher, qui souhaite entendre la voix de l’éternel, quel que soit cet éternel, doit comprendre la relation, car dans la relation il y a conflit et c’est ce conflit qui s’oppose au réel.
Autrement dit, c’est dans le conflit que se fixe la conscience de soi, qui cherche à éviter le conflit, à y échapper.
Mais ce n’est que si l’esprit comprend le conflit qu’il est capable de recevoir le réel.
Faute de comprendre la relation, la poursuite du réel n’est qu’une démarche de fuite.
Pourquoi ne pas le regarder en face ? Si vous ne comprenez pas ce qu’est le réel, comment pouvez-vous le dépasser ?
Vous pouvez fermer les yeux, vous réfugier devant les autels et adorer des images vaines, mais le culte, l’adoration, le rite, les fleurs, les sacrifices, les idéaux, les croyances – tout cela n’a aucun sens si vous ne comprenez pas le conflit dans la relation, rien d’autre, car dans ce conflit, l’on découvre tout le travail de l’esprit.

[…]… « La compréhension du conflit dans la relation, et elle seule, est donc de première importance, car c’est à partir de ce conflit que nous créons le monde où nous vivons tous les jours, le malheur, la pauvreté, la laideur de l’existence.
La relation est la réponse au mouvement de la vie.
La vie nous pose un défi constant et lorsque la réponse est insuffisante, il y a conflit.
Mais en répondant de façon immédiate, réelle et adéquate au conflit, on parvient à la plénitude.
C’est dans cette réponse adéquate donnée au conflit que réside sa cessation.
Il est donc important de se comprendre, non dans l’abstrait, mais dans la réalité de la vie quotidienne.
La plus haute importance revient à ce que vous êtes dans la vie : non ce à quoi vous pensez ou sur quoi vous avez des théories, mais votre conduite envers votre femme, votre mari, vos enfants, vos employés.
En effet, c’est avec ce que vous êtes que vous créez le monde.
Conduite n’est pas synonyme de conduite idéale. La conduite idéale n’existe pas. La conduite est ce que vous êtes d’une minute à l’autre, comment vous vous comportez à chaque instant.
L’idéal est une façon d’échapper à ce que vous êtes. Comment pouvez-vous aller loin quand vous ne savez pas ce qu’il y a tout près de vous, quand vous n’êtes pas attentif… […]

[…]… « La seule chose que vous puissiez faire est de modifier votre relation avec le monde, non le monde de l’Europe ou de l’Amérique, mais le monde de votre femme, de votre mari, de votre travail, de votre foyer.
C’est là que vous pouvez instaurer le changement, et ce changement rayonne en cercles de plus en plus étendus, mais sans ce changement fondamental, il ne peut y avoir de paix de l’esprit. »…[…]


CONNAISSANCE DE SOI…

[…]… « Ainsi, la connaissance de soi n’est pas la connaissance d’un soi placé très haut ; elle s’applique à chaque instant, dans la conduite de tous les jours, qui est action, qui est relation ; et sans cette connaissance de soi, il n’est pas de pensée juste. Vous ne disposez pas de la base de la pensée juste si vous ne savez pas ce que vous êtes. Vous ne pouvez vous connaître dans l’abstraction ou l’idéologie.
Vous ne pouvez vous connaître que par rapport à votre vie de tous les jours.
Ne savez-vous pas que vous êtes en conflit ? A quoi sert de vous en détourner, de l’éviter, comme l’homme qui a un poison dans le corps et ne le rejette pas, de sorte qu’il meurt à petit feu ?
C’est pourquoi la connaissance de soi est le commencement de la sagesse, et sans cette connaissance, vous ne pouvez aller loin.
La quête de l’absolu, de Dieu, de la vérité, ou ce que vous voulez n’est que la quête d’une gratification, fruit de votre propre projection.
Vous devez donc commencer tout près et passer au crible chacun de vos mots, chacun de vos gestes, votre façon de parler, votre façon d’être, votre façon de manger ; prenez conscience de tout, sans rien condamner. C’est dans cette conscience que vous saurez ce qui existe réellement et la transformation de ce qui est, qui est le début de la libération.
La libération n’est pas une fin en soi.
La libération advient à chaque instant, dans la compréhension de ce qui est, lorsque l’esprit est libre, et non rendu libre. Seul l’esprit libre peut découvrir, et non pas l’esprit façonné par une croyance ou une hypothèse. Un tel esprit est incapable de découverte. Il ne peut y avoir de liberté s’il y a conflit, car le conflit, c’est une relation dans laquelle l’ego reste figé. »…

J. KRISHNAMURTI - La Relation de l’homme au monde

dimanche 2 septembre 2007

ETRE SOI-MÊME


"Etre soi-même, rien que soi-même, c'est inouï. Mais comment y arriver, comment y parvenir?
Ah! C’est ça l'astuce, ça le plus difficile de tout. Le scabreux, c'est justement que cela ne demande pas d'effort. Le tout, c'est de ne pas vouloir être ceci ou cela, ni grand ni petit, ni habile ni maladroit...tu me suis? Tu agis selon ce qui se présente. Mais de bonne grâce, bien entendu. Parce qu'il n'y a pas une chose qui n'ait son importance. Pas une."

Henry Miller - Le sourire au pied de l'échelle.

jeudi 23 août 2007

FIANCAILLES...



Aujourd’hui, près d’une Rose, de Cristal,
Yoseph sourit à Maria.

L’Intelligence, sage
Douce, jaillissante,
En mon ignorance enfantine,
Passe au doigt de mon Cœur,
La perle fine, nacrée, si subtile,
D’où naîtra, Une Flamme.

Demain, peut-être, La Flamme grandie
D’un Feu Ardent consumera les Amoureux.

Mais aujourd’hui, La Flamme tremble
Encore un peu.
Parce qu’au pays de Yoseph
Au pays de Maria,
N’existe plus d’étable, de crèche,
Ni de bergerie pour accueillir, Le Fruit
Le Diamant Bleu, rayonnant, irradiant,
Que pourtant, avec tendresse,

Maria, en toutes les femmes, attend.


Extrait de « Chants de Vie » de caMr

mardi 21 août 2007

SONGE D'HIER


Que suis-je, qui suis-je, où suis-je
Un mirage, une idée,
Une image, un désir ?
Un rêve dans la nuit,
Qu’une nuit plus profonde encore,
Dessine, imprime, puis efface ?

Dormir, ah oui ! Dormir,
Sortilège exhalé par l’espérance
Qui cherchant l’Amour
Ne trouve que souffrances.

Rêver, ah oui ! Rêver
Sortilège gardé par l’ignorance
Qui, en ses faits et gestes
N’accomplit de l’Amour
Que de piètres gémissements
Dont chacun tour à tour
Exécute point à point les balbutiements.

Que la mort existe afin que je meure,
Quittant le sommeil et sortant du rêve
Sur la paume de sa main si blanche
Par le souffle qui s’éteint
J’effacerai tous les mirages.
Et, debout près d’elle, enfin,
En son regard fixe et clair,
De la nuit, je verrais la fin.
Que la mort existe afin que je meure,
Et ne plus, seulement,
Représenter l’image d’un désir
Et sortir du rêve, dont j’étais l’otage.

Que la mort existe afin que Je Naisse
En ce-de-venir
L’Etre d’où Je viens

Que la mort existe
Afin de prouver,
Au cœur de l’Instant
Où elle nous emporte,
Que La Vie
Demeure, Eternellement.


Extrait de « Les Chants de Vie » de caMr
Edité en 1994 par les Editions Solariès

dimanche 19 août 2007