Loneliness

Loneliness

lundi 16 février 2009

Le Marcheur...



Il a beaucoup marché, ses pieds l’ont emporté, l’ont guidé.

Il s’est assis ici, puis là, et toujours ses pieds d’ailleurs en ailleurs l’ont transporté. Jamais lassé de marcher, il écoutait, doucement il respirait, il absorbait les voix, les mots, les idées.
Jamais en un lieu il ne s’est installé.

Il laissait chaque mot se résoudre, se dissoudre dans les flots pulsants de son sang.
Ses pieds l’ont emporté. Il existe tant d’ici et tant de là…pour sentir, pour goûter, pour entendre et comprendre, pour discerner la profondeur, l’essence même de ce qui veut se prononcer.

Des mots jamais il ne s’est soucié.
Des divisions, des différences, de chacune se proclamant unique vérité révélée, jamais son cœur ne s’est enflammé. Jamais il ne s’est précipité.
De ce qui se s’exprime ici, de ce qui se chante là pour autant qu’il en fut clamé, harangué, jamais il ne s’est méfié. Toujours l’amour à son oreille s’est relié.

De tous ces composés de la pensée, avec amour, sans gourmandise il s’est délecté, avec patience, tranquillement il a goûté tous les nectars ainsi extériorisés… en tous lieux il s’est désaltéré.

Sans faim, ni soif, il continue de marcher… en son cœur n’existe aucun chemin...
dont il pourrait connaître...
la fin…


Mutti

30 commentaires:

co errante a dit…

Il est bien sage, cet homme-là.

"En son cœur n’existe aucun chemin...
dont il pourrait connaître...
la fin…" Très beau...

Guelum a dit…

Ton écriture en marche me plaît. Moi qui ne marche que le samedi et le dimanche, et le reste du temps on peut me faire marcher...
Enfin... je suis très impatient de retrouver ton marcheur maintenant que je sais qu'il existe, et m'excuser auprès de lui pour ces plaisanteries. Je l'ai en point de mire, il suffit de te lire ;-)

Lung Ta a dit…

Caminante, no hay camino ....
relire Maccado pour appuyer (s'il était nécessaire) cet écrit

merci de ce rappel

A.M. Bruffin a dit…

"Toujours l’amour à son oreille s’est relié."
Oui j'aime beaucoup ...
Être sur le chemin ainsi , nous ne pouvons nous tromper .
Belle soirée

MUTTI a dit…

Sans doute, Co-errante, cet homme là apparaît "sage", mais savons-nous vraiment ce qu'est ce que nous nommons la sagesse et en existe-t-il une forme déterminée... Certains le voient plutôt gentiment "fou", à ne croire rien, et à croire en tout, à aimer se promener sans décider s'il existe UNE vérité...

MUTTI a dit…

Ainsi tu ne marches que le samedi et le dimanche, Guelum... et le reste du temps "on peut te faire marcher"... au-delà de la plaisanterie, cher ami (que le marcheur j'en suis certaine, apprécie tant il est de nature joyeuse)... je ne puis te croire aussi malléable, ton coeur est trop grand... je le vois bien lorsque je te lis... ;-)

MUTTI a dit…

Ah ! Lung Ta, nous évoque-tu Antonio Macado ? Oui, sans aucun doute... tu nous rappelles ses mots :
[...]" Savoir? Nous ne savons rien
Venus d'une mer de mystère
Vers une mer inconnue nous allons
Et entre les deux mystères
Règne la grave énigme
Une clef inconnue ferme les trois coffres
Le savant n'enseigne rien, lumière n'éclaire pas
Que disent les mots?
Et que dit l'eau du rocher?
Voyageur, le chemin
C'est les traces de tes pas
C'est tout; voyageur,
il n'y a pas de chemin [...]

Merci de m'offrir cette réminiscence et l'opportunité de l'éditer en son entier, prochainement...

MUTTI a dit…

Chère Anne-Marie, je le crois volontiers, à marcher sans penser qu'il n'existe qu'un seul sentier et toujours à l'amour l'oreille reliée... les erreurs, les faux pas ne peuvent qu'être rares ou atténués...

Douce journée.

Anonyme a dit…

comme c'est beau ce poëme...!!!comme je marche beaucoup, je me retrouve bien...;)

bise

ly

MUTTI a dit…

C'est vrai Ly, tu es un marcheur, et une formidable observatrice... j'apprécie toujours mes promenades chez toi, même si le plus souvent je passe en silence... ;-)

Bises

Kaïkan a dit…

Et une grande paix universelle distille ses pas, poussières d'or aux pas de ceux qui emprunteront les chemins, ici, là, ailleurs, toujours en partage, toujours en ouverture ...
Etoiles d'or des poucets de l' espoir ...
Brindilles de mots aux pages des tolérances ...

MUTTI a dit…

Kaikan, ces mots que tu inscrits, ici, d'une poésie sublime, si claire, si limpide, sans te les emprunter jamais, je les conserverais au plus profond des eaux de la mémoire, de la mémoire vive qui forge le courage des hommes et des femmes qui toujours sous n'importe quel ciel, trouvent les sentiers de la tolérance et sont épris d'une paix... véritable ...

maria-d a dit…

J'aime ce dépouillement dont-il s'est vêtu pour marcher et avancer... merci pour cette beauté

maria-d a dit…

et il m'est venu ceci....
"Il va tête nue. la mort, le vent, l'injure, il reçoit tout de face, sans jamais ralentir son pas. A croire que ce qui le tourmente n'est rien en regard de ce qu'il espère. A croire que la mort n'est guère plus qu'un vent de sable. A croire que vivre est comme il marche - sans fin."
C. Bobin / L'homme qui marche

ariaga a dit…

Marcher,apprécier le fait d'avoir des jambes qui acceptent de vous porter là où on veut aller, c'est une très grande liberté que l'on n'apprécie peut-être pas assez. Cela semble tellement naturel...Je t'embrasse Mutti au grand coeur.

MUTTI a dit…

Oui, Maria, marcher ainsi c'est s'être très simplement, dépouillé de soi... sans plus autre quête que de goûter et d'aimer toutes les manifestations de vie...
Merci à toi.

MUTTI a dit…

Et encore Merci, Maria, pour ces mots de Christian Bobin... je dirais cependant que le marcheur que j'évoque conduit ses pas sans tourments ni espérance...

MUTTI a dit…

Je t'entends, très chère Ariaga... et pour toi j'ajouterais que les pas du marcheur, s'ils peuvent être réels, sont aussi une allégorie...
Crois-tu qu'il ne soit pas possible de "marcher" en utilisant seulement, simplement, l'oreille et le regard étroitement reliés au coeur...

Astrale a dit…

petite blague, (sur un très joli texte au passage...)

Bon, voilà les gars, je sors la 6ième...je la trouvais bof, mais grâce à Scheiro, la voilà qui fait "bonne figure"!
Je vais donc, si j'ai bien compris, lancer quelques invitations, mais pourquoi diable, le chiffre 6 ??
Je vais réveiller j'espère Ulysse,
retenir Ariaga,
titiller Fiso
mirer Mutti
solliciter le musicien
inviter au jeu la géométrie spirituelle de Ned
Que cela peut-il bien donner??...telle l'enseigne d'un mini théâtre dans un immense cafarnäum!Donc....ljeu:
Choisir la 6ème photo dans son dossier le plus récent.
* La publier sur son blog
* Tagger 6 autres blogueurs et les prévenir sur leur blog...voilà!
(n'importe quoi!)
bise Mutti!

Suzanne a dit…

Un de nos plus chers amis n'a-t-il pas déclaré:
"La vérité est un pays sans chemin"?

Cheminons donc pour le bonheur d'exister.

Merci pour toute la beauté que tu ne cesses de rayonner autour de toi, chère Mutty

Très tendres baisers

MUTTI a dit…

Merci à toi, très chère Suzanne, oui... cheminons tranquillement en ce pays sans chemin, perceptible uniquement par le sentiment partagé d'être et déployons amoureusement, joyeusement et consciemment cet extraordinaire potentiel de Vie que ce sentiment nous offre à connaître...

Coeur à Coeur essentielle amie, je t'embrasse tendrement.

ariaga a dit…

Merci pour tes commentaires dans mes derniers lieux de vie. Tendresses.

lasiate a dit…

un beau marcheur mais si le chemin est difficile et plein d'imprévus le but est simple et connu de tous c'est la mort ;)

MUTTI a dit…

Merci à toi Ariaga, d'être si Présente en ces lieux où nous aimons tous à t'y retrouver...
A bientôt.
Très tendrement.

MUTTI a dit…

La mort du "je" sans doute aucun, très cher Lasiate, simplement la dillution d'un éphémère "je"... dont "je" ne connais rien... pas même son éventuelle finalité...

Jean a dit…

Très très beau texte !
Une grande leçon de vie !
Heureux celui qui peut la vivre !

MUTTI a dit…

Merci Jean. Certes, vivre un tel dénuement de "la personne" peut apparaître impossible... et pourtant, se dénuder de soi-même n'exige pas de se dénuder de tout ce qui est... mais simplement de ne rien accaparer...

Jean a dit…

Oui , j'avais bien compris dans ce sens là .
Mais c'est de ne rien accaparer , de ne rien attendre , qui est difficile .
Profiter librement sans chercher à retenir ...ou à renouveler ...
Je n'en suis pas encore là !

Jean a dit…

"...De tous ces composés de la pensée, avec amour, sans gourmandise il s’est délecté..."

"...en son cœur n’existe aucun chemin...
dont il pourrait connaître...
la fin…..."

Et si la fin était précisément de se libérer de ces composés de la pensée ?

Je vous souhaite une belle journée malgré les nuages bien gris aujourd'hui !

MUTTI a dit…

"se libérer de tous les composées de la pensée "... est possible tout au long du cheminement, même si la totale libération se présente effectivement à la fin (ce que personne ne peut réellement savoir). Se libérer de la pensée (et surtout de ses composés) ne signifie pas vraiment de ne plus penser, nous sommes tous plongés dedans comme dans un océan ; cela revient plutôt à ne pas accaparer les pensées passantes comme étant "siennes" c'est voir l'océan, en apprécier les murmures, laisser passer tranquillement les remous (habitudes mentales conditionnées) rester fluide dans le fluide... aimer et sourire, beaucoup sourire toujours aimer ce qui va et vient, laisser venir, ne jamais retenir...

Des nuages bien gris par chez vous ? Alors je vous envoie le rayon de soleil qui nous fait un chouette coucou aujourd'hui, en rayon parisienne... et ce n'est pas un poisson d'avril, je n'oserais pas !