
Ami, observe comme ton regard offre un étrange pouvoir au passé
Et à la mémoire de tout ce que la Vie a déserté.
Observe aussi, Ami,
Comme ton regard offre un tout aussi étrange pouvoir au futur
Et à l’espérance de tout ce que la Vie n’a point encore présenté.
Que sais-tu faire ainsi, que sais-tu dire ou penser,
Qui ne contienne une idée dé-passée,
Ou un espoir en ton désir re-présenté …
Que ne comprends-tu pas que le passé a cessé de jouer,
Qu’il est mort à jamais
Et que lorsque tu l’habilles de regrets, c’est inutile.
Il est devenu soit une larme, soit un sourire,
Dans les sentiers crevassés de la mémoire.
Il n’est qu’un être neuf qui puisse l’effacer.
Que ne comprends-tu pas que le futur ne peut jamais se présenter,
Toi-même le nomme, Demain,
Quand l’aube qui t’éveille se nomme, Aujourd’hui…
Que fais-tu donc de cette rencontre incessante …
L’aube t’éveille, aujourd’hui,
Et tu poses un regard sur hier,
Et tu poses un regard sur demain…
Oubliant toujours le mot si neuf, si doux que tu baptises aujourd’hui,
Sans cesse tu t’agites, regrettes ou espères,
Sans voir de la Vie, son cadeau,
Cet instant magique et pur
Où demeure Le Présent…
Mutti