Loneliness

Loneliness

vendredi 16 janvier 2009

Le Passage...


L’homme est là. Assis sur un banc, tête penchée sur sa poitrine. On dirait qu’il dort.
Simple effet d’optique. Son cœur observe, son cœur regarde.
Son cœur voit que la vie se meut alentour cherchant à s’extirper du charnier pestilentiel que les œuvres du pouvoir, la hantise de l’avoir déposent comme une glue immonde au sol d’une nature autrefois sereine et majestueuse.
L’âpre goût de la glue pénètre les sens. Vertige.
L’acide de la nausée montante, envahit les cellules, détruit jusqu’aux neurones… la maladie, la mort amorcent le temps de la destruction.
Le cœur observe, le cœur regarde… le fil de l’esprit se dégage doucement, lentement, posément.
Autre regard, autre sens… l’envers de la toile devient tulle, puis satin…

L’homme est là. Allongé sur une couche aseptisée, mains croisées sur sa poitrine. On dirait qu’il dort, qu’il est mort.
Simple effet d’optique. Son cœur voit, son cœur parle.
Son cœur lui dit qu’il lui fallait aimer pour connaître. Qu’il lui fallait écouter pour entendre.
Qu’il lui fallait toucher pour sentir, goûter pour découvrir le goût, et aimer encore, aimer toujours, pour sourire et rire… enfin !

L’homme est là. Il a déchiré le voile. Son cœur voit, son cœur parle. Il vit.
Les pleurs, les cris, alentour masquent le son de sa voix, le miroir dépolit, diaphane, s’inonde de larmes, de rage, qui noient les couleurs de la vie.
L’homme est là. Léger, au-dessus de son lit.
Il sourit.

15 commentaires:

Guelum a dit…

J'aimerais être un peu comme lui. Je suis déjà un homme, j'ai de la chance.
C'est beau, bien écrit. Tu as réussi à isoler cet "homme" sans jamais le détacher de son environnement. Les contrastes mutent en dégradés.
Comme cet homme, peut-être...

MUTTI a dit…

Tu es déjà un homme, oui, cher Guelum, quelle chance ; un homme qui avant la déchirure du voile connaît la nécessité d'aimer,de goûter, de sentir, d'écouter, d'entendre... un homme chez qui le coeur parle, déjà ! Et là, c'est moi qui ai de la chance... ;-)

Anonyme a dit…

belle création beau texte
besos
tilk

MUTTI a dit…

Merci Tilk, ton appréciation me touche.
Besos

A.M. Bruffin a dit…

Se préparer à ce changement et à ce passage, pour partir dans la sérénité ...
J'aime beaucoup ce texte ,merci Mutti .
Avec tendresse

MUTTI a dit…

Comprendre sans douleur l'éphémère et sereinement s'ouvrir à une autre conscience... Merci à toi Anne-Marie.
Douce journée.

danae a dit…

Chère Mutti
Encore un beau texte comme tu sais les écrire et en plus quand on arrive sur ton blog, on est "ébloui" par les couleurs ! On se croirait dans un étrange domaine où le beau domine le laid, le bien domine le mal ...
bises
danae
.

maria-d a dit…

Un texte fort et émouvant... une envolée vers l'amour et la beauté... une envolée ... un passage vers l'éternité

Belle soirée à vous

MUTTI a dit…

Chère Danae, le beau et le laid, le bien et le mal, question de regard, de point de vue comme l'endroit et l'envers de tout ce que la manifestation propose à la réflexion, à la conscience... l'un démontre l'autre plutôt qu'ils ne s'opposent... c'est peut-être ça, le choix, le libre-arbitre...
Affectueuses pensées.

MUTTI a dit…

Merci Maria, une échappée subtile vers une autre dimension, vers une autre réalité, un nouveau voyage dans l'infinité de la Vie... qui sait !
Bien à vous.

lasiate a dit…

passage , je n'en connais un et il est définitif mais ton image peut faire rêver ceux qui sont dans l'illusion ;)

MUTTI a dit…

Cher Lasiate, toutes les convictions, toutes les opinions, toutes les imaginations, ont leur droit de cité ...
L'esprit, l'idée, la pensée semblent n'offrir aucune limite...
Qui connaît l'origine ?
Qui connaît la fin ?
Qui peut faire la part du rêve, de l'illusion ou de la réalité ?

Tout n'est, peut être, que virtualité, faudrait-il en ce possible, entre chacun, cesser de rêver, de conter, de communiquer ?
;-)

ariaga a dit…

Quelle magnifique description du passage. J'ai beaucoup de mal à "revenir" car cette grippe m'a épuisée mais je ne regrette pas de m'être "trainée" jusqu'à ton blog, tu es en pleine forme ! Je t'embrasse, amie.

MUTTI a dit…

C'est un vrai bonheur que te de voir "revenir" de cette épuisante grippe, très chère Ariaga et de te lire chez toi à nouveau... A bientôt douce amie. Je t'embrasse bien fort.

ambre a dit…

c'est beau ..