Loneliness

Loneliness

dimanche 11 octobre 2009

Où es-Tu ?



Dire « je pense » est un non-sens…

Existe-t-il quelque énoncé personnel qui soit plus mystérieux que celui-ci ?
Qu’en pensez-vous ? :)

Chaque fois que lors d’une conversation d’un échange d’idées, parfois aussi en écrivant, je m’entends prononcer ou écrire ce verbe, qui croit-on, se rattache, se relie à cet autre mystère : « je suis »… un silence souriant m’envahit et m’offre la sensation d’une très sympathique galéjade.
Une sorte de mensonge permanent ou de rêverie enfantine extrêmement plaisante dont on ne se lassera jamais… enfin, nous pouvons nous laisser à le penser !

Pourtant, observant la ronde des pensées qui percutent ou traversent le cerveau, les unes poussant à réfléchir, à méditer aussi, parfois, et d’autres dérivant de-ci, delà, sans se poser, ni rien déposer dont on pourrait se nourrir, il devient relativement aisé de découvrir, de constater que :
Si la pensée n’existait pas… le penseur n’existerait pas non plus ! Ah ah ah !

Hum ! Que penser est compliqué !...

Sans la pensée, pas de penseur donc, plus de « Je suis » non plus… et l’adage « je pense donc je suis » ne tient plus la route, devient caduc, devient mensonge éhonté !

Seule la pensée construit le penseur. Pour dire « je pense » et ainsi se croire le penseur il faut que la pensée, qu’une pensée surgisse…
La voici, elle surgit, on ne sait d’où d’ailleurs… sinon du grand conservatoire de la mémoire… mais là encore, grand mystère, qu’est-ce donc la mémoire, sommes-nous la mémoire ???

Mais continuons… réfléchissons… Seule, la pensée construit le penseur qui se pense être… seule, la pensée construit ce « je » ce pronom personnel qui dès lors parcourt, au gré des pensées qui jaillissent, l’idée de la réalité d’une « existence personnelle » séparé de tous les autres « je » qui pensent qu’ils pensent par eux-mêmes.

Mais alors…

Que suis-je, qui suis-je, où suis-je
Un mirage, une Idée,
Une image, un désir ?
Un rêve dans la nuit
Qu’Une Intelligence
Suprême
Inconnaissable
Pense, dessine, imprime… puis efface ?

N’étant plus le penseur qui dirige et contrôle la pensée, que reste-t-il ?
Qui est là, méditant ou s’agitant ?

Personne… souffle le Vent de l’Idée,
Uniquement Ce Qui Est.

Trêve du questionnement…

Allez, lève-toi et marche…

Joyeusement, l’Amour au cœur et le sourire aux lèvres

N’étant « personne », enfin, Tu Es Là !

24 commentaires:

ocese a dit…

merci pour hier,
j'ai reçu ton message, j'irai voir le site.
le tien est très beau, mais il va demander du temps pour le regarder et l'apprécier.
je t'embrasse
ocese

eipho a dit…

Le "je suis", n'est ni le penseur, ni la pensée, il est les deux sans les être, il vit à travers dans le silence.
Le "je suis", n'est pas l'esprit, pas le metal, il " est " simplement, naturellement, sans rien d'autre que ce qui coule à travers tout et amène tout plus loin.
La pensée est le siège du cerveau, qui lui mème est fondé sur la mémoire, sur le passé.
Le "je suis" n'est que présent, il est le nouveau, le neuf, n'est comparable et ne s'identifie avec rien.
La pensée est passé
sans pensée nous demeurons dans le présent, lequel est tout le temps calme et silencieux, car l'esprit est enfin reposé de tout.
Nous ne sommes ni nos pensées ni le corps, nous sommes au delà, mais nous vivions actuellement encore avec nos caintes et nos peurs, encore avec nos questions, "qui sommes nous, ou allons nous" tout ça, alors que rien n'arrive, tout est là. Et nous faisons abstraction de tout ce qui n' "est" pas, l'irrél, l'lllusoir du monde que nous avons inventé depuis que nous ne sommes plus des animaux.
Or, ce monde visible va changé et la caché, la réalité, apparaitra et notre esprit se taira enfin.

Amitié Mijo
Toujours un plaisir de te lire et venir deposer un petit avis ;)

ariaga a dit…

Puissant ! Je vais devoir relire pour une meilleure "imprégnation". Je t'embrasse Amie.

MUTTI a dit…

Ocèse, nous connaissons très bien tous deux la relativité du temps et surtout qu'au delà des apparences ou de quelque évènement psycho-temporel, il ne détruit jamais rien et surtout pas l'amitié... C'est moi qui Te remercie.
Je t'embrasse

MUTTI a dit…

Mijo, sans doute aucun ta propre expérience te permet-elle d'écrire ces mots, de nous offrir et partager ta conviction, ce dont je te remercie.
Dans l'instant, ma propre expérience n'organise en ma conscience que l'ironie de l'identification à un "je" voire à un "je suis" qui serait personnel, et ne nous conduit, pour l'heure, à ne construire que des notions de différences, incompréhensions et même rejets - d'où ce monde de guerre, d'opinions et de réactions conflictuelles - Je ne médite et "travaille" uniquement sur ce qui m'interroge le plus au plan temporel, à savoir ce "je", ce tronc commun de la personnification qui génère l'égoïsme... dans l'instant, mes perceptions les plus méditatives, contemplatives, ne me permettent de discerner qu'un nombre incalculable de strates mentales extrêmement diversifiées en lesquelles un "je" persiste à s'auto-identifier et à créer des "croyances" qu'il ramène au plan temporel... Au-delà, comme tu le dis, "JE" NE VOIS RIEN... "JE" NE SAIS RIEN...
Peut-être, est-ce là, la plénitude de l'Inconnaissance...

C'est pour moi aussi, toujours, un grand plaisir de te lire et le site que j'ai communiqué à mon Ami Ocèse est justement le tien...
Chaleureusement

MUTTI a dit…

Chère Ariaga, est-ce réllement "puissant", pour l'heure ce n'est qu'une méditation réflexive sur ce phénomène de la pensée dont l'homme semble avoir reçu "le don" ou "la charge"... et dont il use, encore, à des fins séparatrices et destructrices... ce que j'exprime n'est qu'un témoignage de ce qu'il me semble "découvrir" et appartient encore et toujours au règne de... la pensée !
De strates en strates, son règne apparaît "puissant" en effet et dépasser chaque strates pour atteindre au Silence, reste une gageure... une "apparition" extrêmement volatile et fluctuante...
Je t'embrasse fort Amie

ambre a dit…

comme Ariaga je vais avoir besoin de relire :-)
je me dis de surcroît que "je pense" tout autant que "je suis" n'est jamais "le même" ..
permanent et fugitif tout à la fois..
Merci Mutti ..

eipho a dit…

oups, je me suis trompé
en finissant mon message
amitiés Mijo ai-je mis au lieu de Mutti, mille excuses.
Je vois que l'erreur a été dans les deux sens, ou est-ce voulu. Hihi ;) je souris, ce n'est pas bien grave.
Merci pour ta réponse fort intéressante, en effet, nous voyons tous suivant le "je" qui nous occupe.
Mais je pense qu'il y a une "vérité" unique.

Bon début de semaine *

eipho a dit…

mince une chose de plus à dire

Le "je suis" est la source qui coule en tout et en tous,
c'est le "moi" qui crée les différences, les séparations et les guerres.

Le "je suis" est divin, est amour.
Le "moi" est l'esprit, est petit.

eipho a dit…

Un très bon bouquin
"Je suis" de Nisargadatta Maharaj
qui explique bien mieux que "moi" ;)

ou liens youtube:

http://www.youtube.com/watch?v=7ze0YqQp1hY

7 vidéos, mais ça vaut vraiment le coup *

MUTTI a dit…

Un « je pense » et un « je suis » qui ne serait jamais « le même », qu’entends-tu exprimer, chère Ambre, en parlant de « permanent et de fugitif » tout à la fois ? Il me semble que rien ne soit « permanent » dans ce monde de phénomènes et de sensations, quant à fugitif voudrais-tu dire fluctuant, évolutif ?
Ma réflexion portait surtout sur le fait que si nous n’étions pas dotés de la pensée, nous ne pourrions nous attribuer un « je », un « moi-je » personnel… c’est « le fait » (mystérieux) de cette dotation à l’homme qui a crée ce possible… le monde animal non pensant ne peut s’attribuer d’identité « personnelle », ce qui ne veut pas dire évidemment qu’il ne soit pas doté de la conscience quand bien même elle serait différente de la nôtre…
Je t'embrasse tendrement

MUTTI a dit…

Eipho, ce n’est vraiment pas une grave erreur hihihi ! J’ai juste « pensé » que Mijo était peut-être ton véritable prénom bien qu’ayant aperçu des commentaires sous ce pseudonyme, je ne comprenais plus très bien…
Quant à une vérité unique, je me permets de douter… il semble exister tant d’étapes à parcourir pour atteindre le dernier sommet… s’il en est un… que je me convaincs incessamment que Ce Qui Est et Ce qui nous conduit sur les chemins de l’ETRE, ne peut être « connu » au sens où nous l’entendons…

Le « Divin », la Source comme tu l’exprimes, ne peut correspondre, à mon sens qu’à une Intelligence Suprême, impossible à imaginer à l’aide de la pensée, une Intelligence en laquelle, si nous parvenions à nous y fondre, n’offrirait que la Béatitude et la complétude de l’Inconnaissance…
« JE SUIS » est une direction, une étape… un Chemin… le sommet est bien plus loin…

Je te remercie vivement de m’indiquer ce livre et les vidéos, toutefois, marchant, écoutant et lisant depuis de très nombreuses années, je me dois de t’avouer que ma bibliothèque intérieure est déjà bien TROP remplie) ;-)
Il est temps pour moi de délaisser cette charge mentale, de laisser les livres aux oubliettes… ou d’éventuellement les prêter…
Belle semaine à Toi…

eipho a dit…

Merci pour la réponse
entièrempent de ton avis
sauf que le divin pour moi n'est pas un intellect.
Oui exact aussi, le supreme, la grande Vérité, ne peut etre connu, car se nourrissant de ce qui "est" ilne fait que grandir sans cesse et nous pousse sans cesse à nous éléver vers lui, ceci n'a pas de fin.

En tout cas, ton billet pousse à la réflexion et l'échange.
Merci, à bientôt.

MUTTI a dit…

Merci à Toi aussi, Eipho... à bientôt en nos espaces d'échange respectifs.
Bien à Toi,

Lung Ta Zen a dit…

La pensée construit le penseur, mais elle ne l'implique pas d'office non plus
et la pratique méditative est pour moi justement le chemin qui permet d'avoir une pensée sans penseur, alors que bien souvent on parle de la méditation comme un penseur sans pensée(ce qui parait difficile !)
mais lors de la sesshin de ce week-end nous revenions sur la parole de Dogen qui parlati de la méditation comme "penser l'impenser"
bon il ne nous reste plus qu'à (pas) penser à tout cela ;)

amitié

frédéric :)

MUTTI a dit…

Très cher Frédéric, j'entends "parfaitement" ce que tu exprimes ici, notamment en terme d'énergie... La méditation, en effet, détache (n'implique pas) le penseur dans la mesure où, dans l'état méditatif, n'existe plus personne pour accaparer, récupérer et se croire l'auteur des pensées qui surgissent et circulent... survient dès lors une autre "qualité" de pensée qui ne concerne et n'émerge nullement d'un "moi je pense"... Avec des mots (ce qui est difficile), ce serait plutôt une immersion dans une conscience plus grande, plus complète, non objective (sans objet ni objectivation), une pénétration dans ce qui pour un "moi-je" serait "impensable"...
La sortie de l'état méditatif, ou contemplatif, n'entraîne pas l'oubli de cette immersion dans La Conscience, il me paraît donc très juste de l'évoquer dans les termes mêmes de la parole de Dogen, "penser l'impensé"...

Et oui, il ne nous reste plus qu'à (pas trop) penser à tout cela et à pratiquer sereinement la méditation... en n'impliquant aucun "moi je pense"...
Grand bien à toi, Ami Lung Ta

sonam a dit…

ps:J'ai toujours autant de difficultés à enregistrer ici mes commentaires : pensées bloquées!!!
Alors que toutes vos pensées passent en douceur et nous donnent à tous un avant gout d'éternité entre : leur intervalle...Amitié
Sonam

MUTTI a dit…

"Pensées bloquées !!!... un certain goût du Silence alors... et la découverte que dans le Silence, la Parole danse pour oeuvrer en utilisant joyeusement, notre Humanité...
Bien à Toi, Sonam

Chronophonix a dit…

Lorsque la pensée "je pense" apparait sur l'écran de la conscience, soit elle est vue pour ce qu'elle est, rien qu'une pensée qui va donc disparaître aussi vite qu'elle est apparue, soit je crois que réellement il y a "moi" qui "pense". Dans ce deuxième cas, il y a un élément non vu, parce qu'il semble aller de soi, c'est la pensée "je". C'est cette pensée là qu'il faut traquer sans relâche jusqu'à la voir vraiment pour ce qu'elle est, rien qu'une pensée comme les autres, apparaissant sur l'écran de la conscience et vouée elle aussi à disparaître.
Et avec sa disparition, va se révéler le "je suis" qui n'est plus une pensée, mais un état d'être infiniment vaste incluant toutes les pensées sans jamais s'identifier à aucune d'entre elles. On peut aussi pour désigner cet état employer le mot "Conscience" : l'écran non personnel sur lequel tout apparait et tout disparait.
Ce qui rend la pensée "je" difficile à épingler, c'est qu'elle est chargée d'une très forte conviction émotionnelle (expression empruntée à Andrew Cohen) lui conférant le pouvoir de se faire passer pour une réalité, voire pour La Réalité, et qu'il ne suffit pas de dire (de penser!) que "je" est une illusion pour le vivre véritablement. Le travail de sape est de longue haleine...

MUTTI a dit…

@Chronophonix… Michel, j’entends clairement ce que tu exprimes ici, ce qui entends et écoute ne peut effectivement être que « Mutti » perçu par elle-même et par autrui en tant que « je », de même lorsque « Mutti » écrit ce qui lui apparaît « en conscience », c’est ce « je », en relation avec le miroir du monde qui tente d’en TEMOIGNER…
Cette perception participe d’une réalité relative qu’il serait bien difficile, et vain, de nier et d’ignorer, à moins de « choisir d’entrer de plein pied » (et là ce serait une pensée prise en compte comme vérité) dans un négativisme qui n’apporterait aucun soulagement et al contrario accentuerait les peurs et les souffrances de tous les « je » identifiés psychologiquement à leur apparence corporelle et caractérologique … ce que tu nommes, en empruntant l’expression de Andrew Cohen « la conviction émotionnelle »…
Oui, le travail de sape est de longue haleine pour s’échapper, se sortir de cette « conviction émotionnelle » et donc de la vérité ou réalité relative… et atteindre à ce « Je suis » dont tu parles, cet « état d’être infiniment vaste incluant toutes les pensées sans jamais s'identifier à aucune d'entre elles », à cet espace qui offre la vision de l’Unité… mais ne témoigne pas encore de la « Totalité « et encore moins de l’expansion de l’Infinité… de l’Inconnaissable.
Reconnaître que tout « Connaissance » ou « reConnaissance » ne peut être que partielle et participer de l’Instant offert par un temps relatif, permet de vivre, ce qui est, ici et maintenant, humblement et simplement, d’Aimer tout ce qui se présente sur le miroir du monde en toute conscience de l’état de cause à effets…

Grand bien à toi, Michel

Chronophonix a dit…

"vivre, ce qui est, ici et maintenant, humblement et simplement"
C'est exactement çà, il n'y a rien de plus à demander : la sagesse et le bonheur d'être en état de simplicité et d'humilité...

MUTTI a dit…

Oui, Michel... et si possible d'en témoigner, puisque ce "je suis" en réalité est très simplement, "le témoin" de ce qui est...

Lung Ta Zen a dit…

http://www.perdu.com/

;)

MUTTI a dit…

aH aH aH HIHIHI !!!!! Merci Frédéric, grâce à toi...enfin ! Je me suis "trouvée !

Bises ;)